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Quand le plastique étouffe les rivières de Kinshasa : le naufrage silencieux d’une capitale qui transforme l’eau en dépotoir et menace l’avenir de ses enfants

Voix du Paysan pour former et informer les citoyens : un engagement pour la justice sociale et climatique.

La rivière Makelele ne transporte plus seulement de l’eau vers le fleuve Congo ; elle charrie désormais le reflet d’une crise écologique devenue ordinaire. Sous une épaisse couverture de bouteilles et de déchets plastiques, le cours d’eau disparaît peu à peu, tandis que la pollution transforme les berges en foyers de maladies. À Kinshasa, le plastique n’est plus un simple déchet : il est devenu un acteur silencieux des inondations, de la malaria et de la dégradation du cadre de vie.

Chaque saison des pluies rappelle le coût humain de cette négligence collective. Les eaux obstruées débordent, envahissent les habitations, détruisent les biens des familles et fragilisent les plus vulnérables. Derrière chaque meuble endommagé, chaque enfant atteint de paludisme et chaque quartier inondé se cache une vérité dérangeante : la mauvaise gestion des déchets est aussi une crise sanitaire, sociale et économique.

Pourtant, l’espoir naît souvent des gestes les plus modestes. Lorsque des jeunes se mobilisent pour retirer les bouteilles plastiques des rivières, ils démontrent que la protection de l’environnement ne dépend pas uniquement des grandes politiques publiques, mais aussi de l’engagement citoyen. La Journée mondiale de l’eau rappelle que le véritable changement commence lorsque chacun refuse de considérer la pollution comme une fatalité.

Kinshasa a aujourd’hui le choix entre laisser ses rivières mourir sous les déchets ou en faire le symbole d’une renaissance écologique. Recycler le plastique, protéger les cours d’eau et instaurer une véritable culture de responsabilité environnementale ne sont plus de simples recommandations : ce sont des impératifs pour préserver la santé publique, limiter les catastrophes urbaines et garantir aux générations futures le droit fondamental à une eau vivante plutôt qu’à une rivière ensevelie sous le plastique.

Emmanuel Ndimwiza
Éditeur- Voix du Paysan

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