Voix du Paysan pour former et informer les citoyens : un engagement pour la justice sociale et climatique.
Dans les eaux tranquilles du lac Albert et du lac Édouard, la vie de centaines de milliers de personnes dépend de la pêche artisanale. Mais depuis l’extraction pétrolière intensive de l’Ouganda dans ces zones sensibles, les communautés locales observent une chute dramatique des ressources halieutiques. Les poissons disparaissent, l’eau change de goût, et les familles, naguère autonomes, sombrent dans l’insécurité alimentaire. Ce drame écologique, ignoré depuis des années, vient de connaître un tournant inédit : deux pêcheurs congolais, Uweci Wele Moïse et Kambasu Katsuva Mukura Josué, ont décidé de ne plus se taire.
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Deux citoyens contre deux États et une institution régionale
Notons que l’ACEDH reste la demanderesse principale de cette action conjointement avec les deux pêcheurs dans la logique de la campagne Notre Terre sans Pétrole, ces deux hommes ont déposé une plainte formelle auprès de la Cour de Justice de la Communauté d’Afrique de l’Est (EAC) à Arusha, en Tanzanie. Le recours, enregistré sous le numéro 47 of 2025, met en cause trois entités : l’Ouganda, pour la pollution générée par ses projets pétroliers ; la RDC, accusée d’inaction et d’abandon de ses citoyens ; et le Secrétariat général de l’EAC, pour n’avoir assuré aucun mécanisme de contrôle. C’est la toute première fois qu’un contentieux climatique de cette ampleur est porté devant cette Cour par des citoyens directement affectés.
Un précédent juridique au nom de la justice environnementale
Ce procès historique marque un tournant dans la lutte pour la justice climatique en Afrique. Il place les communautés locales au cœur de la résistance contre des projets extractifs souvent imposés sans consultation, sans évaluation sérieuse des risques environnementaux, et sans réparations pour les victimes. Au-delà des frontières nationales, cette action courageuse interpelle tous les acteurs de la région : préserver nos lacs, notre biodiversité et nos droits fondamentaux face à l’appétit des multinationales et à l’inaction des gouvernements devient un devoir collectif. Ce combat des pêcheurs, c’est aussi le nôtre.
La Rédaction