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En RDC, à deux ans de la fin du mandat de Félix Tshisekedi, Olivier Kamitatu Etsu transforme l’appel au dialogue en mise en garde républicaine : sans décrispation politique, il n’y aura ni confiance, ni véritable sortie de crise.
Olivier Kamitatu Etsu ne parle plus seulement d’un dialogue : il pose la question de l’après. « Choisir une sortie honorable », respecter son serment, préserver le Congo et préparer l’alternance : derrière cette formule, Olivier Kamitatu Etsu adresse au président Félix Tshisekedi un avertissement d’une rare gravité. Dans une République, le pouvoir n’est pas une propriété ; il est un mandat, avec un commencement, des limites et une fin.
Pour Olivier Kamitatu Etsu, le dialogue ne peut être une cérémonie destinée à donner l’illusion du consensus. Il doit commencer par des actes : libérer les prisonniers politiques, lever les condamnations politiques, mettre fin au harcèlement judiciaire et rétablir les libertés publiques. Ces revendications rejoignent celles déjà portées par plusieurs acteurs politiques et de la société civile dans le débat actuel sur le dialogue national inclusif.
Le message d’Olivier Kamitatu Etsu est donc limpide : on ne peut inviter l’opposition à la table tout en gardant les menottes dans les coulisses. Un dialogue véritablement inclusif exige une facilitation crédible et impartiale, accompagnée des confessions religieuses et des partenaires régionaux et internationaux. Sinon, le dialogue risque de devenir une mise en scène de plus, où chacun parle mais où personne ne s’écoute.
Olivier Kamitatu Etsu rappelle ainsi une vérité que les régimes oublient souvent lorsqu’ils s’installent dans le confort du pouvoir : l’alternance n’est pas une humiliation, mais la respiration normale d’une République. À deux ans de l’échéance du mandat présidentiel, la question n’est donc pas seulement de savoir comment gouverner jusqu’au bout ; elle est de savoir quelle République Félix Tshisekedi laissera derrière lui et si son pouvoir acceptera de se soumettre aux règles qu’il prétend défendre.
Enfin, Olivier Kamitatu Etsu place Félix Tshisekedi devant un choix historique : verrouiller davantage l’espace politique et transformer le dialogue en simple décor, ou ouvrir réellement les portes, restaurer la confiance et préparer pacifiquement l’alternance. Le Congo n’a pas besoin d’un vainqueur permanent ; il a besoin d’institutions qui survivent aux hommes. La grandeur d’un président ne se mesure pas seulement à sa capacité à conquérir le pouvoir, mais à celle de savoir le quitter dans l’honneur.
Emmanuel Ndimwiza
Éditeur- Voix du Paysan
Olivier Kamitatu Etsu : le dernier avertissement avant le mur