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Jean-Claude Katende face à Augustin Kabuya : quand la réponse devient un réquisitoire

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Accusations politiques, droits humains et mémoire des combats d’hier : la réponse de Jean-Claude Katende à Augustin Kabuya se veut une mise au point, mais aussi un rappel à l’ordre adressé à un responsable politique de premier plan.

Jean-Claude Katende ne s’est pas contenté de répondre à Augustin Kabuya : il a choisi de retourner les accusations contre leur auteur. Dans une réponse au ton ferme, l’avocat et défenseur des droits humains rejette catégoriquement les allégations le présentant comme un homme lié ou financé par Moïse Katumbi. Pour Jean-Claude Katende, ces accusations répétées, jamais accompagnées de preuves, relèvent davantage de l’attaque politique que du débat d’idées. Il revendique son indépendance et affirme que, s’il décidait un jour de soutenir publiquement un responsable politique, il l’assumerait au grand jour.

Jean-Claude Katende rappelle ensuite à Augustin Kabuya une mémoire que la politique semble parfois vouloir effacer. Avant l’arrivée de l’UDPS au pouvoir, affirme-t-il, Augustin Kabuya venait solliciter l’ASADHO pour défendre des militants régulièrement arrêtés. Aujourd’hui, celui qui fut hier demandeur d’appui juridique conteste à Jean-Claude Katende la légitimité d’être saisi sur des violations des droits humains au motif qu’il ne serait pas agent judiciaire. La contradiction, aux yeux de Jean-Claude Katende, est suffisamment forte pour devenir une question de cohérence, mais aussi de reconnaissance envers ceux qui ont défendu les libertés lorsque l’UDPS était dans l’opposition.

Mais derrière cette passe d’armes se dessine un enjeu plus profond : la place de la société civile face au pouvoir. Jean-Claude Katende refuse que son combat soit réduit à une proximité politique supposée. Il revendique une indépendance fondée sur ses convictions, son expérience et son engagement en faveur des droits humains. En rappelant que son opinion sur son combat ne serait pas nécessairement celle du chef de l’État, Jean-Claude Katende adresse surtout à Augustin Kabuya un message politique : le désaccord avec le pouvoir ne signifie pas automatiquement l’appartenance au camp adverse.

Au fond, la réponse de Jean-Claude Katende à Augustin Kabuya pose une question qui dépasse les deux hommes : peut-on encore débattre en République démocratique du Congo sans transformer l’adversaire en suspect ? Dans une démocratie, l’accusation appelle la preuve, la critique appelle l’argument et la fonction politique impose une certaine hauteur de ton. Jean-Claude Katende demande précisément cela à Augustin Kabuya : davantage de retenue, de cohérence et de respect. Car lorsque les responsables publics substituent l’invective à la démonstration, ce n’est pas seulement un homme qui est visé : c’est la qualité du débat public qui s’appauvrit.

Emmanuel Ndimwiza
Éditeur- Voix du Paysan.

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