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En Ituri, la violence ne tue pas seulement des vies : elle brûle les maisons, vide les villages et ferme les écoles. À Mambasa comme à Irumu, l’urgence sécuritaire devient une urgence pour toute une génération.
Quarante-trois civils tués en moins d’une semaine. Quinze villages attaqués, des maisons incendiées, des biens pillés et des familles jetées sur les routes de l’exode : le bilan attribué aux ADF dans le territoire de Mambasa est glaçant. Derrière ces chiffres, il y a des parents qui ne reverront peut-être plus leurs enfants, des familles privées de toit et des communautés entières vivant désormais dans la peur.
Le plus cruel est peut-être que la rentrée scolaire a commencé sous le bruit de la fuite plutôt que sous celui des cloches et des salles de classe. À Biamu, Mabakufa, Amani, Mahihi, Pangoite, Lelesi et Kalongo, l’école ne peut reprendre lorsque les enseignants ont fui, que les élèves sont déplacés et que les parents cherchent d’abord à sauver leurs familles. Une génération ne devrait jamais payer le prix d’une guerre qu’elle n’a pas choisie.
Et pendant que Mambasa tente de compter ses morts, Irumu à son tour vacille. Les incursions signalées à Bandikafu, Bamande et Bandeseibo rappellent que la menace ne connaît ni frontières administratives ni répit. Lorsque les populations doivent abandonner leurs villages pour trouver refuge ailleurs, c’est l’autorité de l’État qui est mise à l’épreuve. La sécurité ne peut rester une promesse répétée depuis des bureaux éloignés du théâtre des violences.
Kinshasa doit entendre le cri de l’Ituri. Il faut davantage que des condamnations : il faut une protection effective des civils, une présence sécuritaire adaptée, une réponse rapide aux alertes locales et un accompagnement réel des déplacés. Les autorités doivent aussi garantir des conditions permettant aux écoles de rouvrir sans exposer enfants et enseignants au danger. Car reconquérir un territoire, ce n’est pas seulement repousser les groupes armés : c’est rendre aux populations le droit de vivre, de travailler et d’envoyer leurs enfants à l’école sans trembler.
L’Ituri ne peut devenir une terre où l’on s’habitue à compter les morts et à fermer les écoles. Chaque village abandonné est une victoire pour la peur ; chaque enfant privé de classe, une dette supplémentaire envers l’avenir. Face aux ADF et à toutes les forces qui terrorisent les civils, l’État congolais doit reprendre l’initiative, protéger ses citoyens et restaurer durablement la paix. À Mambasa comme à Irumu, sauver des vies ne peut plus attendre.
La Rédaction
Mambasa : quand les balles volent aux enfants jusqu’à leur école