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Lubero : trois ponts pour briser l’isolement

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À Lubero, le béton veut enfin remplacer les coupures et les détours. Le lancement de trois ponts modernes ouvre une nouvelle page pour une commune longtemps confrontée aux difficultés de circulation.

Dans le chef-lieu du territoire de Lubero, le désenclavement commence à prendre forme. Sous l’impulsion du gouvernement provincial du Nord-Kivu, dirigé par le général Somo Kakule Evariste, les travaux de construction de trois ponts modernes ont été lancés lundi 31 août. Confiée à la société Kamuzi, cette infrastructure doit permettre de relier plusieurs quartiers et de faciliter l’accès aux principaux équipements de la commune.

Au-delà des ouvrages d’art, c’est une bataille contre l’isolement qui s’engage. L’un des ponts doit notamment faciliter l’accès à l’hôpital, tandis qu’un autre conduira vers le stade. Deux destinations qui disent beaucoup des besoins d’une population : pouvoir se soigner sans franchir des obstacles, pouvoir se déplacer sans transformer chaque trajet en épreuve. À Lubero, une route coupée n’est jamais seulement une question de mobilité ; elle peut devenir une entrave à la santé, au commerce, à l’éducation et à la cohésion sociale.

La satisfaction exprimée par Mumbere Vahalwire, président de la société civile de Lubero, traduit ainsi une attente longtemps nourrie. Mais les annonces d’infrastructures ne valent que par leur concrétisation. Les habitants attendront des travaux réalisés dans les délais, avec des ouvrages solides et adaptés aux réalités du terrain. Car dans une région où les infrastructures demeurent fragiles, chaque pont construit doit être pensé comme un investissement durable et non comme un simple geste ponctuel.

Lubero veut donc regarder au-delà de ses ravins et de ses quartiers séparés par les difficultés de circulation. Ces trois ponts pourraient devenir davantage que des structures de béton et d’acier : des passerelles vers une commune plus connectée, plus accessible et plus vivante. Reste désormais au chantier de tenir sa promesse. Car désenclaver Lubero, ce n’est pas seulement construire trois ponts : c’est rapprocher une population des services, des opportunités et d’elle-même.

Emmanuel Ndimwiza
Éditeur- Voix du Paysan

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