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Lubero à nouveau sous la menace : la peur des ADF vide les villages de l’axe Kambau–Njiapanda, révélant les failles persistantes de la protection des populations civiles

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L’ombre des ADF continue de s’étendre sur le territoire de Lubero, où la peur semble désormais précéder les armes. Les déplacements massifs observés sur l’axe Kambau–Njiapanda ne sont pas le fruit d’une attaque déjà consommée, mais de la conviction largement partagée que le danger est imminent. Lorsque des familles abandonnent leurs maisons, leurs champs et leurs biens sur la base d’alertes sécuritaires, c’est le signe que la confiance envers les mécanismes de protection s’est profondément érodée. Une population qui fuit avant même l’arrivée de l’ennemi est une population qui ne croit plus pouvoir être protégée.

Les témoignages en provenance de Kambau, Pawanza et des localités environnantes rappellent une réalité préoccupante : les alertes communautaires se multiplient, mais elles peinent encore à être suivies de réponses suffisamment rapides et visibles. La société civile du secteur de Bapere exprime ainsi une inquiétude qui dépasse le seul retour présumé des ADF à Maikengu. Elle interpelle sur la nécessité de renforcer le renseignement, la présence sécuritaire et les dispositifs d’alerte précoce afin d’éviter que la psychose ne se transforme, une fois de plus, en tragédie humaine.

Le drame de Lubero rappelle enfin que la victoire contre les groupes armés ne se mesure pas uniquement au nombre d’opérations militaires, mais aussi à la capacité de permettre aux citoyens de vivre, cultiver et circuler sans craindre de devoir tout abandonner du jour au lendemain. Tant que des villages continueront à se vider sous l’effet de la peur, la stabilité demeurera fragile. Il est urgent que les autorités, les forces de sécurité et les partenaires concernés apportent des réponses coordonnées, rapides et durables pour restaurer la confiance des populations et empêcher qu’un nouvel exode ne vienne aggraver une crise humanitaire déjà profonde.

Emmanuel Ndimwiza
Éditeur- Voix du Paysan

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