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À Luilu, la violence nocturne et les accusations visant certains agents de l’ordre révèlent une inquiétante fragilité de la sécurité. Quand les citoyens ne se sentent plus protégés, c’est l’autorité de l’État elle-même qui vacille.
Dans la nuit du 7 au 8 septembre, la cité de Luilu, à Kolwezi, aurait été transformée en théâtre de violence. Des hommes présentés comme des Biongozi, armés de machettes, auraient fait irruption dans une famille, blessant grièvement un enfant et saccageant une maison. Puis, comme si la peur devait contaminer jusqu’au deuil, une veillée mortuaire voisine aurait été perturbée par des jets de pierres. Une nuit où la population aurait dû dormir dans la sécurité s’est ainsi achevée dans l’angoisse.
Plus préoccupantes encore sont les accusations rapportées par les victimes concernant l’intervention des forces de l’ordre. Si les faits sont confirmés, qu’un citoyen doive réunir de l’argent pour permettre à ceux qui sont chargés de le protéger de se déplacer serait un signal profondément alarmant. La sécurité publique ne peut devenir une prestation conditionnée par la capacité financière des victimes.
L’arrivée présumée des agents sur les lieux, suivie de leur départ sans interpellation malgré la présence supposée des agresseurs, soulève également des questions auxquelles seule une enquête sérieuse, indépendante et transparente pourra répondre. Il ne s’agit pas de condamner sans preuve, mais de refuser que le silence transforme les soupçons en habitudes et l’impunité en règle.
Les autorités provinciales et les services compétents sont désormais interpellés : la population de Luilu a besoin de protection, mais aussi de vérité et de justice. Les responsables des violences, quels que soient leur statut ou leurs éventuelles protections, doivent répondre de leurs actes si les faits sont établis. La confiance entre citoyens et institutions ne se décrète pas ; elle se construit par des actes.
Kolwezi ne peut accepter que la peur devienne le nouveau visage de ses nuits. Rétablir l’ordre ne signifie pas seulement déployer des hommes en uniforme : cela exige une présence efficace de l’État, une justice accessible et une sécurité débarrassée de toute complaisance. À Luilu comme ailleurs en RDC, la paix ne doit pas être une promesse lointaine : elle doit redevenir une réalité vécue par chaque famille.
La Rédaction
Kolwezi : quand la peur s’installe, l’État ne peut détourner le regard