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Les Babambo d’Idjwi : Emmanuel Ndimwiza éclaire l’odyssée lacustre d’un clan venu d’Itombwe

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Selon les récits collectés par Emmanuel Ndimwiza auprès des anciens du Sud de l’île d’Idjwi, le clan des Babambo est l’un des premiers groupes Balega à s’y installer. Leur migration aurait débuté vers 1860 en provenance directe des hauts plateaux d’Itombwe, dans l’actuel territoire de Mwenga. Fuyant les conflits interclaniques et la pression croissante de groupes armés traditionnels, les Babambo ont entamé une traversée du lac Kivu en pirogue, contournant les îlots comme Kime, mais préférant accoster par les rivages sud d’Idjwi, notamment vers Nyabirehe.

Emmanuel Ndimwiza rapporte que dans l’imaginaire collectif, leur arrivée est perçue comme guidée par des signes spirituels. Des devins et chefs religieux auraient prophétisé leur implantation sur une terre « d’eaux profondes et de paix », qu’ils ont identifiée comme Idjwi. Ce clan s’est distingué par sa connaissance des plantes médicinales et son art du tissage des paniers en fibres naturelles, qui sont devenus emblématiques dans les marchés de Bugarula. Leur intégration s’est faite par des alliances coutumières avec les Bahavu, et des pactes de cohabitation avec les clans déjà présents.

Aujourd’hui, souligne Emmanuel Ndimwiza, les descendants Babambo se considèrent comme gardiens d’une mémoire de fuite et de réconciliation. Leurs cérémonies rendent hommage à la traversée fondatrice et aux esprits protecteurs du lac, tandis que leurs anciens rappellent l’importance du respect de la terre et de l’eau. Ces récits enrichissent l’identité balega insulaire et rappellent que le lac Kivu n’a jamais été une frontière, mais un lien sacré entre les peuples.

La Rédaction

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