Voix du Paysan pour former et informer les citoyens : un engagement pour la justice sociale et climatique.
Dans le silence des collines verdoyantes d’Idjwi, les eaux du lac Kivu racontent une mémoire ancienne, un souffle sacré que les peuples insulaires ont appris à écouter. Pour les communautés, ce lac n’est pas un simple réservoir d’énergie, mais une entité vivante, nourricière et protectrice. Emmanuel Ndimwiza, témoin de cette relation intime entre humains et nature, fait écho à cette voix collective qui refuse de voir le gaz méthane transformé en marchandise. Il rappelle que le lac n’est pas vide de sens : il est habité par des esprits, des légendes, et surtout par une biodiversité fragile que le feu des machines viendrait consumer.
À travers chants, récits et assemblées populaires, les pêcheurs, les femmes cultivatrices, les jeunes et les anciens d’Idjwi se lèvent avec force et dignité. Emmanuel Ndimwiza souligne que l’exploitation du méthane, sans consultation des premiers gardiens du lac, constitue un viol symbolique et écologique. « Ce gaz, disent-ils, n’a jamais été un secret pour nous. Il est le souffle de l’eau, dangereux quand on le provoque. » Des espèces comme la sardine ndakala, les crevettes du lac ou encore certaines algues médicinales seraient rayées de la carte, étouffées par une industrialisation brutale et déconnectée des réalités locales.
Pour Emmanuel Ndimwiza, ce combat n’est pas contre le progrès, mais pour une justice climatique enracinée dans la sagesse des peuples. Il appelle à sanctuariser le lac Kivu, à écouter ceux qui vivent avec lui depuis des siècles, et à bâtir un modèle de développement qui respecte le vivant. Car là où les multinationales voient des chiffres, les peuples d’Idjwi voient un souffle, un lien sacré entre les générations, qu’il est hors de question de briser.
La Rédaction
Le souffle sacré du lac : Les peuples insulaires d’Idjwi se lèvent contre le méthane – Par Emmanuel Ndimwiza