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Kolwezi : quand la citoyenneté congolaise devient une affaire d’origine

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À Kolwezi, les tensions visant des ressortissants du Grand-Kivu font émerger une question plus grave que les violences elles-mêmes : celle d’une République où l’identité d’origine pourrait progressivement devenir un motif d’exclusion.

Depuis plusieurs mois, la ville de Kolwezi, dans le Lualaba, serait traversée par un climat de méfiance et de peur visant particulièrement des ressortissants du Grand-Kivu. Depuis mars 2026, des témoignages font état de menaces, de discriminations, de violences physiques, de pillages et de destructions de biens. Si ces faits sont confirmés, ils ne sauraient être réduits à de simples querelles communautaires : ils toucheraient au principe même d’égalité entre citoyens congolais.

Le plus inquiétant réside dans la perception selon laquelle certains Congolais pourraient être traités comme des « étrangers » dans une province pourtant située à l’intérieur des frontières de la même République. Un Congolais du Nord-Kivu, du Sud-Kivu, de l’Ituri, du Lualaba ou du Kasaï ne devrait avoir à présenter ni certificat d’origine ni justification ethnique pour circuler, travailler, commercer ou vivre ailleurs sur le territoire national. La RDC ne peut devenir une mosaïque de territoires où la citoyenneté se négocie selon le lieu de naissance.

Les accusations de « chasse à l’homme » et de complicité ou de complaisance des autorités provinciales, portées notamment par le mouvement citoyen MACHOZI YA RAÏYA, sont suffisamment graves pour exiger des enquêtes indépendantes et transparentes. Il faut établir les responsabilités, protéger les victimes et empêcher toute instrumentalisation politique ou communautaire de la situation. Mais il faut également éviter que la dénonciation des violences ne nourrisse, à son tour, une logique de stigmatisation contre d’autres communautés.

Car le véritable danger pour la RDC n’est pas seulement la violence qui oppose des individus : c’est l’idée insidieuse qu’un Congolais puisse devenir étranger chez lui. Après des décennies de conflits alimentés par les fractures identitaires, le pays ne peut se permettre de banaliser la discrimination fondée sur l’origine. À Kolwezi comme ailleurs, l’État doit rappeler une évidence que nul ne devrait avoir à défendre : la République appartient à tous ses citoyens, et aucun Congolais ne doit être chassé de chez lui parce qu’il vient d’une autre province.

La Rédaction

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