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Dans la commune de Ngaliema, les ravins dits “érosion marine” qui menacent les avenues Tulukunga, De la Paix et Bweya à l’UPN illustrent une problématique chronique de l’urbanisation à Kinshasa : la gestion insuffisante des eaux pluviales dans un relief fragile. Le lancement des travaux confiés à SAFRIMEX SARL-U marque une étape importante dans la tentative de sécurisation de ce couloir urbain long d’environ 3,4 km. Le dispositif technique annoncé — construction de caniveaux interconnectés, canalisation des eaux depuis la tête d’érosion jusqu’à la rivière Lukunga, et création d’un réseau de drainage structuré — vise à réduire la pression hydrique responsable de l’élargissement progressif des ravins.

Sur le plan technique, l’approche adoptée repose sur un principe fondamental de génie civil : contrôler le ruissellement à la source pour éviter la concentration destructrice des eaux en aval. Toutefois, l’efficacité d’un tel chantier dépendra de plusieurs facteurs souvent négligés dans ce type d’intervention urbaine. D’abord, la qualité des ouvrages et leur dimensionnement face à l’intensité des pluies tropicales de Kinshasa. Ensuite, la gestion des eaux en amont, notamment l’occupation anarchique des sols et le manque de dispositifs de rétention dans les quartiers situés en hauteur. Sans une approche intégrée, le risque est de déplacer le problème plutôt que de le résoudre durablement.

Au-delà du chantier actuel, des pistes de solutions structurelles s’imposent pour garantir la durabilité des investissements. Il est essentiel de combiner les infrastructures de drainage avec des politiques d’urbanisme strictes, incluant la limitation des constructions dans les zones à risque et la reforestation des pentes pour stabiliser les sols. La mise en place de bassins de rétention, de dalots calibrés et d’un entretien régulier des caniveaux devrait également devenir une norme. Enfin, une coordination entre autorités urbaines, services techniques et population locale est indispensable pour éviter les obstructions des ouvrages et renforcer la résilience du site face aux futures saisons de pluie.
La Rédaction