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À Hombo, l’effondrement du pont reliant Hombo Nord au village de Manje ne casse pas seulement un ouvrage : il brise une liaison vitale entre des élèves, des familles et leurs activités quotidiennes.
Le pont sur la rivière Hombo n’aura tenu qu’environ six mois après sa réhabilitation par la population locale, avec l’appui d’étudiants de l’ISAGE-KB. Jeudi matin, l’ouvrage s’est effondré, précipitant plusieurs élèves et paysans dans les eaux. Des fournitures scolaires, des machettes et des paniers agricoles auraient été emportés. Aucun décès n’a, jusqu’ici, été signalé.
Mais derrière ces objets perdus se cache une réalité autrement plus grave : celle d’une population contrainte de bricoler elle-même ses infrastructures essentielles. Selon un leader local, la construction aurait été réalisée dans la précipitation, sans recours préalable à une expertise technique. La solidarité communautaire est admirable ; elle ne peut cependant remplacer durablement l’ingénierie lorsqu’il s’agit de sécuriser un passage dont dépendent des centaines d’usagers.
Le plus cruel reste peut-être le prix payé par les enfants. Depuis l’effondrement, certains élèves de Manje ne peuvent plus rejoindre leurs salles de classe. D’autres, notamment les plus âgés, seraient réduits à traverser la rivière à la nage pour ne pas abandonner leurs études. Peut-on sérieusement parler d’égalité des chances lorsque le chemin de l’école devient une épreuve de survie ?
Les autorités locales sont désormais interpellées : il ne suffit pas de reconstruire vite, il faut reconstruire juste. Un pont durable exige une étude, des matériaux appropriés, une supervision technique et un entretien régulier. L’urgence est réelle, mais l’urgence ne doit plus servir de prétexte à des ouvrages fragiles. À Hombo, reconstruire ce pont, c’est rétablir bien davantage qu’une voie de passage : c’est rouvrir le chemin de l’école, des champs et de la dignité.
Hombo ne demande pas un miracle. Hombo demande un pont qui tienne. Aux autorités de transformer cette chute en électrochoc et de mettre fin au cycle des réparations précaires. Car lorsqu’un pont s’effondre après quelques mois, ce n’est pas seulement du bois, du métal ou des planches qui cèdent : c’est la confiance d’une population qui vacille. À Manje, les enfants ne devraient pas avoir à nager pour atteindre leur avenir.
La Rédaction
Hombo: quand un pont s’effondre, c’est toute une communauté qui vacille