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Bukavu : quand la saleté devient une politique du laisser-faire

Voix du Paysan pour former et informer les citoyens : un engagement pour la justice sociale et climatique.

À Bukavu, les déchets ont fini par s’installer dans le paysage urbain comme s’ils en étaient devenus une composante naturelle. Plastiques, immondices et détritus ménagers envahissent rues et avenues, révélant une ville abandonnée à l’incivisme autant qu’à l’inaction.

Bukavu ne manque pas seulement de propreté : elle manque de volonté collective. Dans plusieurs quartiers, les déchets s’amoncellent, les caniveaux se bouchent et les espaces publics se transforment progressivement en dépotoirs à ciel ouvert. Face à cette dégradation, l’implication insuffisante des autorités et des décideurs dans les travaux d’assainissement laisse une impression aussi amère que dangereuse : celle d’une ville livrée au laisser-faire.

Mais il serait trop facile de désigner uniquement les dirigeants. Les citoyens ont également une part de responsabilité. Jeter un sachet plastique dans la rue, abandonner ses ordures dans un caniveau ou transformer un terrain vague en dépotoir, c’est contribuer soi-même à la défiguration de Bukavu. Une ville propre ne se décrète pas dans les bureaux : elle se construit par des gestes quotidiens et une discipline collective.

L’urgence est désormais de sortir de cette indifférence partagée. Les autorités doivent organiser régulièrement les travaux d’assainissement, renforcer la gestion des déchets, sanctionner les comportements qui dégradent l’espace public et créer les conditions permettant aux habitants de participer efficacement à la salubrité. Les citoyens, eux, doivent cesser de considérer la propreté comme la seule affaire de l’État : la rue appartient à tout le monde, sa saleté aussi nous expose tous.

Car derrière chaque tas d’immondices se cache une menace. Déchets plastiques et ménagers obstruent les caniveaux, aggravent les risques d’inondation, favorisent l’insalubrité et peuvent contribuer à la propagation de maladies, tout en dégradant les sols, les eaux et les écosystèmes. Bukavu ne peut prétendre à un avenir durable en acceptant que ses déchets deviennent son décor quotidien.

Il est donc temps de réveiller la conscience urbaine. Autorités, décideurs, commerçants, jeunes, associations et simples citoyens : chacun doit prendre sa part du combat. Bukavu ne retrouvera ni sa dignité ni son attractivité par des discours, mais par des actes. Une ville propre est d’abord une ville où ses dirigeants gouvernent et où ses habitants refusent de salir. Le temps du laisser-faire doit prendre fin.

La Rédaction

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