Voix du Paysan pour former et informer les citoyens : un engagement pour la justice sociale et climatique
Dans l’immensité de l’océan, il y a des risques bien identifiés. Malheureusement trop prévisibles, désormais. Mais il y en a d’autres aussi. Plus insidieux, qui savent se faire oublier. Et qui ne préviennent pas.
L’océan est fragilisé par la pollution et la surexploitation. Et il subit de plein fouet les effets du réchauffement climatique anthropique. Les températures qui grimpent, les eaux qui deviennent plus acides, le niveau de la mer qui augmente, l’oxygène qui se fait rare, la distribution des nutriments qui est perturbée. Résultat, la biodiversité disparaît. Les inondations se multiplient. L’érosion des côtes s’accélère. L’eau salée gagne du terrain. La chaîne alimentaire se fragmente. La pêche devient moins fructueuse. Les tempêtes et les cyclones se multiplient et s’intensifient. Des centaines de millions de personnes sont menacées. Pour éviter le pire, les scientifiques nous le disent et nous le répètent, nous devons réduire notre empreinte sur l’environnement. Et plus spécifiquement, limiter nos émissions de gaz à effet de serre.
Voilà pour ce dont nous avons normalement assez bien conscience aujourd’hui. Mais les chercheurs étudient aussi d’autres phénomènes qui eux aussi nous menacent, nous et notre environnement, de manière directe ou indirecte. Des phénomènes sous-marins moins connus dont les conséquences peuvent être ressenties à des centaines, voire des milliers de kilomètres.
Quand le fond des océans glisse
Saviez-vous ainsi qu’il peut, dans le fond des océans, se produire des glissements de terrain ? Lorsque le talus continental s’effondre brusquement, à la limite entre le continent et le fond marin. Et ces glissements de terrain peuvent être bien plus impressionnants que ceux qui se produisent sur la terre ferme. Il y a un peu plus de 8 000 ans, il s’en est produit un au large de la Norvège. Avec pour résultat, le déplacement d’une impressionnante masse d’eau de mer. Vous imaginez sans doute la suite. Un tsunami a déferlé sur les côtes britanniques. Mais même lorsque le glissement de terrain reste relativement modeste, il peut aujourd’hui endommager des câbles ou des tuyaux qui se trouvent au fond des eaux.
Notez que les chercheurs soupçonnent le réchauffement climatique – on semble toujours vouloir y revenir – d’augmenter la probabilité et l’ampleur des glissements de terrain sous-marins dans certaines régions. En cause, des sédiments plus largement transportés vers le large par les crues et les cyclones.
Le saviez-vous ?
Les tsunamis peuvent aussi être provoqués par un tremblement de terre. Comme celui qui a secoué Lisbonne (Portugal) en 1755. Le tsunami consécutif a frappé les Cornouailles et le sud de l’Irlande quelques heures plus tard. En 2004, un puissant tremblement de terre dans l’océan Indien a provoqué un tsunami dans la région indonésienne. Un événement de triste mémoire puisqu’il a fait des centaines de milliers de morts.
En plus de ces causes « naturelles », des études montrent que l’installation d’éoliennes en mer – notamment celles qui présentent des fondations monopieux – peut aussi mettre en tension les fonds marins et provoquer des glissements de terrain.
Les avalanches ne se produisent pas qu’en montagne
L’autre phénomène sans doute assez peu connu du grand public qui intéresse beaucoup les océanographes, c’est celui qu’ils appellent des courants de turbidité. Comprenez, des sortes d’avalanches de sable, de boue et d’eau qui dévalent les pentes sous-marines. Et ces avalanches peuvent être violentes. Parfois, elles courent sur des centaines de kilomètres, se déplaçant jusqu’à plus de 70 kilomètres-heure.
Le risque est surtout pour nos infrastructures sous-marines. Nos câbles, notamment. En 2020, d’importantes crues fluviales ont généré des courants de turbidité au large de l’Afrique de l’Ouest qui ont rompu plusieurs câbles de télécommunications. Résultat, des accès à Internet rendus difficiles entre le Nigéria et l’Afrique du Sud
Des volcans sous-marins
Dans nos océans se cachent également de nombreux volcans qui peuvent, évidemment, entrer en éruption. Les explosions, les cendres, la lave, les courants pyroclastiques ou encore les gaz toxiques menacent alors aussi bien la biodiversité marine que la vie à terre. D’autant que là aussi, l’interaction entre les roches volcaniques extrêmement chaudes et l’eau de mer peut engendrer des tsunamis. C’est arrivé en 2018, lorsque l’Anak Krakatau (Indonésie) est entré en éruption. Le tsunami qui s’ensuivit a fait des centaines de morts dans la région. Lorsque le Hunga Tonga (Pacifique) a explosé en 2015, c’est une région entière qui a été coupée d’Internet.
Partout dans le monde, les chercheurs continuent de travailler pour toujours mieux comprendre ses phénomènes, leurs déclencheurs et leurs conséquences. Et si possible, réussir à prévoir le moment où ils pourraient se produire.
Objectif : améliorer les plans de prévention et d’urgence pour renforcer la résilience des populations et des infrastructures exposées.
La Rédaction