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Bukavu brûle, Hypocrate Marume pointe l’urgence d’une ville sans protection

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Plus de 200 maisons réduites en cendres à Nkafu, des biens partis en fumée, mais aucune perte en vies humaines signalée. Pour Hypocrate Marume, acteur de la société civile au Sud-Kivu, ce drame révèle surtout les failles criantes de la prévention des incendies à Bukavu.

À Nkafu, sur l’avenue Hôpital Général, Hypocrate Marume décrit une scène où la ville semble avoir été abandonnée face aux flammes. Plus de 200 maisons auraient été consumées sur cette colline qui surplombe l’Hôpital Provincial Général de Référence de Bukavu. Des familles ont perdu leurs biens, leurs repères, parfois le peu qu’elles possédaient. Mais, souligne Hypocrate Marume, aucune perte en vies humaines n’a été signalée à ce stade.

Le plus troublant, pour Hypocrate Marume, reste ailleurs : l’absence apparente d’intervention d’un véhicule anti-incendie, alors même que la zone serait accessible par le côté des camps des professeurs de l’ISTM. Dans une ville construite sur des pentes et régulièrement confrontée aux incendies, cette défaillance interroge. À quoi servent les dispositifs de secours lorsqu’ils arrivent trop tard — ou ne parviennent pas jusqu’aux sinistrés ?

Et le feu, prévient Hypocrate Marume, n’aurait pas encore dit son dernier mot. Cette phrase devrait résonner comme une alarme dans les bureaux des autorités provinciales et municipales. Car derrière les maisons calcinées de Nkafu se dessine une question plus vaste : combien de Bukavu faudra-t-il voir brûler avant que la prévention, les équipements et l’aménagement urbain cessent d’être traités comme des sujets secondaires ?

Pour Hypocrate Marume, acteur de la société civile au Sud-Kivu, ce drame ne peut donc être réduit à un simple accident. Il met à nu la vulnérabilité d’une ville où l’urbanisation avance plus vite que les mécanismes de protection. Nkafu est aujourd’hui une plaie ouverte ; demain, si rien ne change, une autre colline pourrait devenir le théâtre du même désastre. Une ville ne se juge pas seulement à ses immeubles : elle se mesure aussi à sa capacité de protéger ceux qui y vivent.

Emmanuel Ndimwiza
Éditeur- Voix du Paysan

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