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Ebola au Haut-Uélé : contre le virus, il faut aussi gagner la bataille de la vérité

Voix du Paysan pour former et informer les citoyens : un engagement pour la justice sociale et climatique.

Face à Ebola, le silence nourrit la peur, et la rumeur peut devenir aussi dangereuse que le virus. À Wamba, Jean Bakomito Gambu et les élus du Haut-Uélé veulent replacer la confiance au cœur de la riposte.

Le combat contre Ebola ne se joue pas seulement dans les centres de traitement. Il se joue aussi dans les marchés, les églises, les familles et jusque dans les conversations de quartier. Car lorsqu’une rumeur s’installe, elle voyage plus vite que les équipes sanitaires et fissure, en quelques heures, des mois de sensibilisation. Le Haut-Uélé l’a compris : combattre le virus, c’est aussi combattre ce qui l’entoure de peur, de suspicion et de mensonges.

La réunion convoquée par le gouverneur Jean Bakomito Gambu n’est donc pas une simple rencontre institutionnelle. Elle sonne comme un avertissement. Les élus, les autorités, les leaders communautaires et les associations féminines sont appelés à devenir des relais de vérité. La députée Geneviève Inagosi parle d’un « SOS ». Le mot est fort, parce qu’il rappelle une évidence trop souvent oubliée : une épidémie ne se gagne jamais par décret, mais par l’adhésion des populations.

Mais demander à la population de ne pas croire aux rumeurs ne suffit pas. Encore faut-il lui donner rapidement des informations fiables, accessibles et crédibles. Là se trouve le véritable défi. Lorsque la parole officielle arrive tard, reste opaque ou ne répond pas aux inquiétudes quotidiennes, les réseaux sociaux et les conversations populaires remplissent le vide. Et dans ce vide, la désinformation prospère.

L’appel de Geneviève Inagosi à renforcer l’appui du gouvernement central mérite, à cet égard, d’être entendu. Une province confrontée à une menace épidémique ne peut être laissée seule face à la fatigue des équipes, aux besoins de prise en charge et à la défiance communautaire. Une mission du ministre de la Santé ne devrait pas être seulement symbolique : elle devrait permettre de mesurer les besoins, d’écouter les acteurs locaux et de corriger rapidement les failles de la riposte.

Au Haut-Uélé, la bataille d’Ebola sera donc aussi une bataille de confiance. Le virus se transmet par des mécanismes biologiques ; la peur, elle, se transmet par les mots. Aux autorités de parler juste, aux élus de parler vrai, aux médias de vérifier avant de diffuser, et aux citoyens de refuser les intoxications. Car face à Ebola, une population bien informée n’est pas seulement une population rassurée : c’est une première ligne de défense.

Emmanuel Ndimwiza
Éditeur- Voix du Paysan

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