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Derrière un geste intime entre une mère et son enfant se joue un enjeu majeur de santé publique. À Goma, l’appel à promouvoir l’allaitement maternel exclusif rappelle qu’investir dans les premiers mois de vie, c’est préparer l’avenir d’une société tout entière.
Chaque année, la Semaine mondiale de l’allaitement maternel, célébrée du 1er au 7 août, remet au centre du débat une évidence trop souvent reléguée au second plan : le lait maternel demeure l’un des outils les plus puissants pour protéger la vie des nouveau-nés. À Goma, où les familles font face à de multiples vulnérabilités sanitaires et économiques, les professionnels de santé appellent à faire de l’allaitement exclusif durant les six premiers mois une priorité collective. Car derrière chaque enfant bien nourri se dessine une bataille gagnée contre la maladie, la malnutrition et les inégalités dès le début de la vie.
Le lait maternel n’est pas seulement un aliment ; il est une première protection naturelle. Riche en nutriments essentiels et en défenses immunitaires, il accompagne la croissance du nourrisson et réduit les risques liés aux infections. Pour Grâce Katembo, infirmière titulaire du centre de santé Uzima, encourager les mères à allaiter, c’est donner aux enfants une chance supplémentaire de grandir en meilleure santé. Dans un contexte où les systèmes de santé restent sous pression, cette pratique apparaît comme une réponse simple, accessible et efficace face aux défis nutritionnels.
Mais l’allaitement maternel ne peut reposer sur les seules épaules des femmes. Il exige un environnement favorable, où les familles, les structures sanitaires, les autorités, les médias et les communautés religieuses jouent chacun leur rôle. Trop souvent, les pressions sociales, le manque d’information ou certaines contraintes économiques fragilisent la capacité des mères à poursuivre l’allaitement recommandé. Sensibiliser, accompagner et protéger les mères devient alors une responsabilité collective.
Au-delà d’une campagne annuelle, la promotion de l’allaitement maternel doit s’inscrire dans une vision durable de la santé publique en République démocratique du Congo. Défendre le droit de chaque enfant à une alimentation adaptée dès les premiers mois, c’est investir dans une génération plus résistante et dans une société plus forte. Le premier combat pour l’avenir ne commence pas toujours dans les grands hôpitaux : il commence souvent dans les bras d’une mère.
Emmanuel Ndimwiza
Éditeur- Voix du Paysan
Allaitement maternel : le premier vaccin d’une génération à protéger