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Afrique : plus de 600 milliards $ de pertes agricoles en 30 ans — un continent frappé de plein fouet par les chocs climatiques et une sécurité alimentaire en péril

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Entre 1991 et 2023, l’Afrique a perdu 611 milliards de dollars de production agricole à cause des catastrophes naturelles et des aléas climatiques, révèle un récent rapport de la FAO. Sécheresses prolongées, inondations destructrices, tempêtes violentes et températures extrêmes ont fragilisé un secteur déjà vulnérable, entraînant des pertes équivalentes à 7,4 % du PIB agricole du continent, la proportion la plus élevée au monde. Cette hémorragie économique se traduit aussi par une crise silencieuse : baisse des rendements, insécurité alimentaire accrue et millions de vies plongées dans la précarité. À l’échelle mondiale, les pertes agricoles dues aux catastrophes s’élèvent à 3260 milliards de dollars, avec l’Asie en tête en valeur absolue, mais c’est bien l’Afrique qui paie le tribut le plus lourd.

Afrique de l’Ouest : l’épicentre mondial de la vulnérabilité climatique

Toutes les sous-régions africaines ne sont pas touchées avec la même intensité, et l’Afrique de l’Ouest apparaît comme la plus exposée de la planète, enregistrant une perte équivalente à 13,4 % de son PIB agricole. Une proportion alarmante qui révèle à la fois la fréquence des catastrophes climatiques et la faible capacité d’adaptation des systèmes agricoles locaux. L’Afrique australe et orientale suivent, fortement impactées par l’épisode El Niño de 2023, qui a plongé plus de 20 millions de personnes dans la détresse au Zimbabwe, en Zambie et au Malawi. Dans la Corne de l’Afrique, plusieurs années de sécheresse ont fait périr plus de 13 millions de têtes de bétail, aggravant une crise humanitaire déjà dramatique. À l’opposé, l’Afrique du Nord apparaît comme la région la moins affectée, avec des pertes estimées à moins de 2 %.

Outils numériques et IA : un tournant crucial pour renforcer la résilience agricole

Face à l’ampleur des pertes et à la montée des risques climatiques, la FAO souligne l’importance capitale des technologies numériques pour renforcer la résilience agricole. L’intelligence artificielle, les drones, les capteurs et les systèmes de données intégrées permettent désormais d’améliorer l’alerte précoce, d’orienter les décisions des agriculteurs et de déployer plus rapidement les mécanismes de gestion des risques. Les programmes de protection sociale adoptent eux aussi des solutions numériques : en 2017, le système kenyan M-Pesa a servi au transfert de 7 millions de dollars d’aides durant la sécheresse, tandis qu’au Malawi, un programme de transferts monétaires a soutenu 74 000 ménages en 2022. Ces innovations, encore insuffisamment déployées, pourraient devenir l’un des leviers les plus puissants pour éviter que les prochaines décennies ne soient plus coûteuses encore que les trente ans qui viennent d’être documentées.

La Rédaction

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