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À Goma, un Noël sous tension : quand la crise financière étouffe les espoirs et la joie des jeunes en RDC

Voix du Paysan pour former et informer les citoyens : un engagement pour la justice sociale et climatique.

Alors que les lumières de Noël brillent timidement dans quelques quartiers de Goma, pour beaucoup de jeunes, cette fin d’année 2025 est marquée par la frustration et la résignation. C’est dur de fêter quand on ne sait pas ce qu’on mangera demain, confie un jeune entrepreneur dans la commune de Goma, au micro de www.dec-rdc.org. Victime de la hausse du dollar, de l’augmentation du prix des matières premières et du ralentissement économique, il affirme avoir vu ses revenus chuter drastiquement ces derniers mois. Ses petits commerces tournent au ralenti et ses projets de développement sont à l’arrêt. Comme lui, nombreux sont ceux qui subissent les effets directs d’une économie en panne, d’un climat d’insécurité persistant et d’une inflation galopante qui rend chaque jour plus incertain.

Une génération d’étudiants confrontée à l’impossible équilibre entre savoir et survie

Dans les rues de Katindo, un autre jeune, étudiant en Master 1 à l’Université de Goma, partage son désarroi : Pour moi, Noël ne signifie plus rien. Comment célébrer quand mes parents n’arrivent même plus à payer mes frais académiques ?. Ce témoignage met en lumière une réalité partagée par de nombreux jeunes en quête d’avenir : l’impossibilité de concilier vie académique, charges familiales et insertion professionnelle. Certains jonglent entre petits boulots précaires et études exigeantes, d’autres abandonnent tout simplement. L’absence de politiques publiques ciblées pour soutenir les étudiants dans cette période de crise alimente le désengagement social, la perte de repères et la montée de la frustration chez une jeunesse pourtant pleine de potentiel.

Des enseignants jeunes et découragés : entre vocation et désillusion

Même ceux qui travaillent, comme, jeune enseignant dans des écoles publique, peinent à entrevoir un avenir meilleur. Mon salaire ne couvre même pas les charges sociales familiales. Je ne peux rien offrir à mes enfants pour Noël. Je me sens inutile, confie-t-il avec amertume. Le témoignage de ce professionnel de l’éducation illustre une précarité profonde qui touche même les piliers de la société congolaise. Dans un pays où l’éducation devrait être un levier de transformation, les enseignants eux-mêmes deviennent les premières victimes d’un système à bout de souffle. Face à cette réalité, le message est clair : sans justice économique pour les jeunes, aucune célébration, aussi symbolique soit-elle, ne pourra réparer l’écart grandissant entre les promesses d’avenir et la dureté du quotidien.

La Rédaction

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