×
Logo en chargement
CHARGEMENT...

À Goma, la Charte écologique ne doit pas être une promesse de plus : soixante-dix organisations prennent rendez-vous avec l’histoire environnementale de la ville

Voix du Paysan pour former et informer les citoyens : un engagement pour la justice sociale et climatique.

Le 25 juillet 2026 pourrait marquer un tournant dans l’histoire de Goma. Près de soixante-dix organisations issues des universités, de la société civile, des médias, du secteur privé et des centres de recherche ont apposé leur signature au bas de la Charte écologique de la ville. Plus qu’une cérémonie, cet acte traduit une volonté collective de rompre avec des décennies d’indifférence face à une crise environnementale devenue impossible à ignorer. Dans une ville coincée entre le lac Kivu et deux volcans actifs, où la croissance démographique, la pollution, la disparition des espaces verts et les dérèglements climatiques fragilisent chaque jour davantage les conditions de vie, l’heure n’est plus aux déclarations d’intention, mais aux engagements vérifiables.

Cette charte arrive à un moment où Goma paie le prix d’un développement insuffisamment planifié. Les déchets envahissent les quartiers, les arbres disparaissent, les constructions anarchiques gagnent du terrain et les catastrophes naturelles rappellent régulièrement la vulnérabilité de la ville. Face à cette réalité, les signataires affirment qu’aucune institution, aucune organisation et aucun citoyen ne peut désormais se soustraire à sa responsabilité. La protection de l’environnement cesse d’être une affaire de spécialistes pour devenir une exigence de gouvernance et de survie collective.

Parmi les institutions engagées, l’Institut Supérieur de Tourisme et Gestion de Goma (ISTou-Goma) confirme sa place parmi les acteurs académiques qui entendent faire de la formation un levier de transformation. À travers ses filières consacrées au tourisme durable, à la conservation de la nature, à l’environnement et à l’hôtellerie, l’établissement rappelle que la transition écologique repose aussi sur la production de compétences, la recherche scientifique et l’éducation des générations appelées à gérer les ressources naturelles de demain.

Le symbole le plus fort de cette journée restera sans doute la plantation d’arbres par les participants. Un geste simple, mais porteur d’une vérité essentielle : une charte ne protège aucun arbre, aucune rivière et aucun espace vert tant qu’elle demeure un texte. Ce sont les actes qui lui donnent une valeur. La Charte écologique de Goma ouvre une nouvelle page ; il appartient désormais à ses signataires d’écrire la suite avec constance, courage et responsabilité. Car l’histoire retiendra moins les signatures apposées sur un document que les résultats visibles dans les rues, les quartiers et les paysages de Goma. C’est à cette seule condition que la ville pourra prétendre devenir une référence congolaise de résilience environnementale et transmettre aux générations futures un patrimoine naturel enfin préservé.

Emmanuel Ndimwiza
Éditeur- Voix du Paysan

Partager

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

×