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À Butembo, quand la peur met Ebola au-dessus de la porte

Voix du Paysan pour former et informer les citoyens : un engagement pour la justice sociale et climatique.

Deux postes de santé incendiés, des structures fermées et des agents menacés : à Butembo, la riposte contre Ebola est rattrapée par une autre urgence, celle de la peur et de l’insécurité.

À Butembo, le feu ne menace plus seulement les murs : il s’attaque à la confiance. Les postes de santé Zawadi et l’Espoir auraient été incendiés alors qu’ils participaient à la riposte contre Ebola. Derrière ces bâtiments endommagés, ce sont des communautés entières qui risquent de perdre un précieux rempart contre la maladie.

Plus inquiétant encore, d’autres structures sanitaires auraient fermé leurs portes par crainte de nouvelles attaques. Des professionnels engagés dans la riposte auraient reçu des menaces de mort. Lorsque ceux qui soignent doivent eux-mêmes chercher à se protéger, c’est toute la chaîne de prévention, de surveillance et de prise en charge qui vacille.

Aux autorités, il faut désormais des actes, pas seulement des communiqués. Les auteurs de ces attaques doivent être identifiés, les responsabilités établies et la sécurité des formations sanitaires garantie. Une structure de santé n’est ni un champ de bataille ni une cible légitime : elle doit rester un espace protégé, même lorsque la société traverse ses heures les plus sombres.

Mais la sécurité ne suffira pas à elle seule. Face aux rumeurs, à la méfiance et aux incompréhensions qui peuvent nourrir l’hostilité contre la riposte, il faut investir davantage dans l’information de proximité, l’écoute des communautés et une communication transparente. On ne vaincra pas Ebola avec des murs fermés et des soignants terrorisés, mais avec la confiance.

Butembo ne peut pas devenir le théâtre d’un dangereux paradoxe : combattre une épidémie tout en fragilisant ceux qui la combattent. L’heure est venue pour les autorités, les acteurs sanitaires, les leaders communautaires et la société civile de parler d’une seule voix. Protéger les centres de santé, c’est protéger la population ; protéger les soignants, c’est protéger la riposte ; protéger la confiance, c’est déjà commencer à vaincre Ebola.

La Rédaction

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