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Quand les victimes de la guerre doivent parcourir les routes pour rappeler à leurs élus ce que la République leur doit, c’est que la crise sécuritaire dépasse le simple drame humanitaire.
À Butembo, les voix des déplacés de Goma trouvent une oreille attentive auprès de Charles Sabungo, député national, homme au grand cœur et au grand esprit, dont la proximité avec les citoyens dans le Grand Nord-Kivu donne un relief particulier à sa tournée de vacances parlementaires. Fuyant les violences, ces familles ne demandent pas seulement assistance et compassion : elles réclament surtout la possibilité de rentrer chez elles, de retrouver leurs terres et de vivre sans la menace permanente des groupes armés. À travers les doléances recueillies par Charles Sabungo, c’est une République mise à l’épreuve qui se raconte, avec ses blessures, ses attentes et son besoin urgent de protection.

Mais derrière chaque doléance recueillie par Charles Sabungo, se dessine une responsabilité plus vaste : celle de l’État. Car aucune assistance financière, aucun geste de solidarité, aussi nécessaire soit-il, ne saurait remplacer une politique sécuritaire capable de contenir durablement l’activisme des mouvements rebelles et de protéger les populations. La proximité de cet élu avec les citoyens du Grand Nord-Kivu permet précisément de mesurer cette fracture entre les urgences vécues sur le terrain et les réponses attendues des institutions. À force de gérer les déplacements plutôt que d’empêcher les causes de l’exode, la puissance publique risque de transformer l’urgence humanitaire en état permanent.

Les vacances parlementaires devraient précisément servir à cela : écouter le pays réel, mesurer l’ampleur des fractures et ramener à Kinshasa une parole qui ne soit ni embellie ni anesthésiée. Charles Sabungo, par son contact direct avec les populations de Beni, Butembo et avec les déplacés de Goma, peut porter cette parole au cœur de l’Assemblée nationale. Les témoignages recueillis ne doivent donc pas finir dans un rapport oublié. Ils doivent nourrir des décisions, interpeller le gouvernement et imposer une question centrale : que fait réellement l’État pour reprendre l’initiative face aux groupes armés et garantir le retour sécurisé des populations ?

Car au Nord-Kivu, la paix ne peut plus être une promesse de discours. Elle doit devenir une obligation de résultats. Le rôle de Charles Sabungo, député national au grand cœur et au grand esprit, ne s’arrête pas à recueillir les doléances : sa proximité avec les citoyens l’oblige aussi à contrôler, interpeller et exiger des comptes. Entre les tombes de Munoli et les abris précaires de Butembo, le message est limpide : les déplacés ne veulent pas seulement être secourus, ils veulent que la République leur rende leur pays. Et cette reconquête-là relève d’abord de l’État.
Awa Jean de Dieu Bin N’sibula
Journaliste