Voix du Paysan pour former et informer les citoyens : un engagement pour la justice sociale et climatique
Dans les imaginaires collectifs des riverains du lac Kivu, plusieurs divinités sont perçues comme les gardiennes invisibles de l’équilibre écologique et spirituel de la région. Emmanuel Ndimwiza révèle que parmi ces entités, le plus souvent citées sont Mukura, la déesse de la fécondité des eaux, et Kalengera, l’esprit protecteur des pentes et forêts environnantes. Ces divinités sont invoquées pour assurer l’abondance des pluies, la fertilité des terres, la sécurité des pêcheurs et la santé du bétail. Leurs rôles sont vitaux dans la régulation naturelle de l’écosystème selon les traditions locales, et leur présence est ressentie dans les cycles de vie qui rythment le quotidien des communautés.
Ces esprits sont particulièrement vénérés par les éleveurs, pêcheurs et agriculteurs, qui leur attribuent la stabilité des saisons, la richesse des récoltes et la prospérité des troupeaux. Emmanuel Ndimwiza souligne que des rituels sont régulièrement pratiqués pour leur rendre hommage, avec des offrandes faites au bord du lac ou dans des sanctuaires naturels. Lorsque ces divinités sont négligées ou offensées, les communautés redoutent des punitions : mauvaises pêches, maladies animales, sécheresses ou glissements de terrain. Cette croyance façonne un comportement collectif de respect envers la nature et renforce des pratiques ancestrales de gestion durable.
Aujourd’hui encore, Emmanuel Ndimwiza affirme que ces divinités continuent d’inspirer la résistance écologique des riverains contre l’exploitation du gaz méthane. Elles ne sont pas de simples figures du passé, mais des forces toujours actives dans la conscience communautaire. Leur importance va au-delà du spirituel : elles rappellent que l’équilibre entre l’homme et la nature repose sur une alliance sacrée, que toute exploitation aveugle menace de rompre au péril de tous.
La Rédaction