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Nord-Kivu : Le Parc National des Virunga face aux défis de l’écotourisme

Voix du Paysan pour former et informer les citoyens : un engagement pour la justice sociale et climatique

Le Parc National des Virunga, joyau écologique de la République Démocratique du Congo et patrimoine mondial de l’UNESCO, continue de résister tant bien que mal aux assauts conjugués du braconnage, de l’insécurité et de la pauvreté. Pourtant, avec ses paysages spectaculaires, sa biodiversité unique et ses volcans mythiques, le parc représente un potentiel immense pour l’écotourisme, un secteur porteur d’espoir pour le développement local.

Un environnement sous haute pression

L’écotourisme repose sur un environnement sain, à la fois naturel et social. Or, dans les territoires entourant le parc, la situation est préoccupante. La faune sauvage est traquée sans relâche : éléphants pour leur ivoire, antilopes et autres espèces pour la viande, les peaux ou même le commerce illégal de produits animaliers. À cela s’ajoute une déforestation galopante, alimentée par une explosion démographique et une dépendance accrue au bois de chauffage et de construction.

Les villages environnants manquent cruellement d’alternatives économiques. Chômage endémique, manque d’espace cultivable, pauvreté extrême : autant de facteurs qui poussent les habitants  mais aussi des groupes armés à pénétrer illégalement dans les limites du parc pour y trouver de quoi survivre.

Des infrastructures touristiques en ruine

Sur le terrain, le constat est amer. Plusieurs infrastructures touristiques jadis prometteuses sont aujourd’hui en ruines. Lodges désertés, routes impraticables, postes de surveillance abandonnés… La pression humaine et l’insécurité ont gravement fragilisé l’ensemble du dispositif touristique.

Et pourtant, le Nord-Kivu regorge de richesses : volcans actifs, forêts primaires, lacs majestueux, cultures locales fascinantes. Mais ces atouts restent sous-exploités. Le secteur touristique, qui pourrait créer des emplois, générer des revenus et soutenir la conservation, peine à décoller.

L’écotourisme : un levier pour le changement

À travers le monde, l’écotourisme s’impose comme une réponse au tourisme de masse destructeur. Il vise à minimiser les impacts environnementaux, tout en soutenant les communautés locales. Dans le contexte congolais, il peut devenir un outil puissant pour allier préservation de la nature et développement économique.

Mais encore faut-il des conditions favorables : routes praticables, sécurité garantie, services hôteliers diversifiés, promotion efficace à l’international… Autant de maillons essentiels qui manquent cruellement à l’appel dans la province du Nord-Kivu.

Des pistes pour inverser la tendance

Face à ce constat, les acteurs publics et privés sont interpellés. Plusieurs pistes sont avancées :

Adopter une conservation communautaire, où les riverains deviennent les premiers protecteurs  et bénéficiaires des ressources naturelles.

Renforcer la sécurité dans et autour du parc, condition indispensable au retour des touristes et des investisseurs.

Appuyer les efforts de l’ICCN, structure nationale chargée de la gestion des aires protégées, souvent débordée et sous-financée.

Diversifier l’offre touristique, en valorisant non seulement la nature mais aussi la culture, l’artisanat et les traditions locales.

Un avenir possible, mais incertain

Le Parc National des Virunga reste une terre d’espoir pour le Nord-Kivu. À condition d’être protégé, valorisé et intégré dans une vision globale de développement durable. L’écotourisme pourrait bien devenir un catalyseur du changement, un moyen de transformer les crises en opportunités, et de faire du Nord-Kivu un modèle de résilience et de reconversion écologique en Afrique centrale.

La Rédaction

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