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Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo, fait face à une croissance démographique sans précédent. Cette expansion rapide se manifeste particulièrement dans sa partie Est, notamment dans les communes de Maluku et N’sele, devenues des zones d’extension privilégiées pour de nombreux ménages à la recherche de terrains abordables.

Pourtant, cette urbanisation, souvent anarchique, inquiète urbanistes, chercheurs et habitants.
Contrairement aux anciennes cités planifiées héritées de l’époque coloniale, qui, malgré leurs limites historiques, bénéficiaient d’une certaine organisation spatiale (routes, réseaux d’eau, d’électricité, espaces publics, etc.), les nouvelles zones d’extension comme Maluku et N’sele se développent dans une quasi-absence de planification urbaine, selon Kyana Basila Joël.
Cette situation pose de sérieux risques à court et moyen termes. Les conséquences sont multiples. Sur le plan environnemental, la destruction de forêts, l’occupation de zones inondables ou la pollution des cours d’eau menacent durablement les écosystèmes locaux, affirme l’urbaniste Kyana Basila Joël.

Et d’ajouter que socialement, l’implantation désordonnée des habitations rend difficile l’accès aux services de base : éducation, santé, transport, assainissement. Sans réseau structuré, les routes sont souvent impraticables, et les quartiers deviennent difficilement accessibles, surtout en saison des pluies.
Sur le plan économique et institutionnel, l’absence de cadre réglementaire favorise l’émergence de conflits fonciers, de constructions illégales et d’un marché immobilier informel qui échappe à tout contrôle. À cela s’ajoute une gouvernance locale souvent dépassée ou peu impliquée, laissant place à une gestion improvisée du territoire, martèle Kyana Basila Joël.
Ce constat fait craindre que les dégâts à venir dans l’Est de Kinshasa puissent dépasser ceux connus dans les anciennes cités issues de l’époque coloniale. Ces dernières, bien qu’elles aient été pensées dans un contexte de ségrégation, avaient l’avantage d’une certaine rigueur urbanistique, aujourd’hui presque absente dans les zones en développement.

Face à cette situation, il devient impératif de repenser la gestion de l’espace urbain dans ces communes périphériques. Cela passe par une vision d’aménagement claire, des plans directeurs actualisés, une coordination entre acteurs publics et privés, et une réelle volonté politique de faire de l’urbanisme un levier de développement durable. L’avenir de KINSHASA ne se joue pas uniquement dans son centre historique, mais surtout dans ses marges. C’est là que se construit la ville de demain. Et sans PLANIFICATION, cette ville risque de devenir ingérable.
Notons que KYANA BASILA Joel est Urbaniste| Enseignant des Universités| Président National de la Corporation des Urbanistes Congolais| Membre du Club BTP-CMA et Expo Beton RDC.
Emmanuel Ndimwiza