Voix du Paysan
La relance de la MIBA annoncée une énième fois avec un financement de 50 millions USD, est l’une des réponses à nos attentes de cette visite du président dans la région.
Cependant, il est important de rester lucide : bien que 50 millions USD soient une somme conséquente, elle demeure insuffisante face aux défis structurels, techniques et financiers colossaux auxquels la MIBA est confrontée, affirme Nicolas Mbiya, un des jeunes activistes du mouvement citoyen Lucha.
Depuis 2016, Nicolas Mbiya avec quelques jeunes activistes et journalistes, ont milité activement au sein de MibaDebout pour pousser les autorités Congolaises à agir de manière réfléchie et stratégique afin de garantir une véritable relance de la MIBA.
Toutes les personnes avisées sur la situation de cette société conviendront avec moi que les analyses des investissements passés montrent que de telles annonces, aussi ambitieuses soient-elles, ne suffisent pas si elles ne s’appuient pas sur une base solide. Depuis sa prise de fonctions, le président Tshisekedi a déjà facilité ou injecté pas moins de 10 millions USD à la MIBA. Cependant, ces fonds n’ont pas permis de générer des résultats significatifs. Pourquoi ? Parce que ces efforts n’ont pas été accompagnés d’une gestion rigoureuse et d’une planification stratégique. Les fonds ont manqué de canalisation efficace, et les préalables nécessaires à une relance durable n’ont pas été respectés, ajoute Nicolas Mbiya.
Ce militant pro démocratie estime qu’aujourd’hui, le principal préalable, et sans doute le plus urgent, est de diligenter un audit complet et sérieux. Cet audit devra inclure un volet administratif pour évaluer les structures internes et les capacités organisationnelles de la MIBA, un volet financier pour tracer l’usage des fonds passés et établir les besoins réels pour l’avenir, et un volet technique pour identifier les investissements nécessaires dans les infrastructures et les équipements.
Mais les guéguerres entre le conseil d’administration dirigé par Monsieur Okoto et la direction générale pilotée par Monsieur Kabanda constituent un facteur de risque majeur dans ces efforts de relance. Ces dissensions internes affaiblissent non seulement la gouvernance, mais risquent également de compromettre la mise en œuvre des stratégies nécessaires pour une relance durable.
Et de conclure, Nicolas Mbiya espère que cette annonce de 50 millions USD ne restera pas qu’un simple effet médiatique, mais qu’elle se traduira par des actions concrètes et structurées. Le président doit donner des orientations claires pour que cette relance devienne une réalité et transforme réellement des vies.
Car, au-delà des chiffres, il s’agit de restaurer la dignité de milliers de travailleurs et de redonner vie à un secteur minier essentiel pour notre pays.
La Rédaction