×
Logo en chargement
CHARGEMENT...

Géopolitique planétaire : Chute d’Assad avec des perspectives pour un nouvel État alaouite en Syrie, à qui le prochain tour

Voix du Paysan

La chute soudaine du régime Assad pourrait signifier le clou final dans le cercueil des frontières de la Syrie telles qu’elles existent depuis l’accord Sykes-Picot de 1916. Un État alaouite pourrait voir le jour.

Géographe (géographie politique, géographie militaire et géopolitique)

La guerre civile syrienne a fondamentalement remodelé le paysage géopolitique du pays, créant des conditions propices à la fragmentation et à l’émergence de nouveaux centres de pouvoir. L’un des scénarios les plus convaincants est la création d’un État alaouite dans la région côtière située à l’ouest des montagnes alaouites, une évolution qui aurait de profondes implications régionales et internationales.

Les puissances occidentales avaient misé sur une stratégie visant à pousser les groupes terroristes à attaquer le régime syrien, espérant ainsi forcer la Russie à ouvrir un second front et disperser ses forces. Leur objectif était d’affaiblir Moscou. Dans ce cadre, Kiev et ses alliés avaient même commencé à fournir des drones aux rebelles.

Cependant, Vladimir Poutine, fin stratège et maître du jeu d’échecs géopolitique, a déjoué ces plans. Il est resté concentré sur la situation en Ukraine, refusant de se laisser entraîner dans une confrontation directe en Syrie. Ce pari occidental s’est soldé par un échec cuisant, ce qui provoque aujourd’hui la colère des dirigeants occidentaux. À travers leurs médias, ils tentent de présenter cette situation comme un revers pour la Russie, allant même jusqu’à remettre en question sa fiabilité en tant qu’allié.

Certains Africains influencés par ces récits répètent ces arguments de manière automatique, mais ils se trompent lourdement. La Russie n’a jamais abandonné ses partenaires stratégiques. Un exemple éloquent en est l’intervention russe pour sauver Bachar el-Assad : lorsque la situation en Syrie est devenue critique, Moscou a envoyé des forces spéciales pour extraire le président syrien de Damas. L’opération, hautement risquée, a consisté à le faire monter à bord d’un avion dont le transpondeur avait été coupé afin d’échapper à une éventuelle interception occidentale.

Dans un tournant inattendu, les rebelles syriens eux-mêmes ont proposé de garantir la sécurité des bases navales russes et des bâtiments diplomatiques en Syrie, soulignant l’impuissance des puissances occidentales à atteindre leurs objectifs.

Aujourd’hui, l’Occident tente de masquer cet échec en prétendant qu’il a remporté une victoire, affirmant que les nouveaux dirigeants en Syrie sont des « djihadistes modérés » ou des repentis. Mais la réalité est tout autre : ils se retrouvent avec un fardeau qu’ils espéraient imposer à la Russie. Désormais, c’est à eux de gérer les djihadistes en Syrie, et ce problème risque de s’étendre jusqu’à leurs frontières européennes.

En fin de compte, Poutine a joué avec une longueur d’avance. Il a sauvé son allié, évité une guerre sur un deuxième front, et surtout, il a placé une bombe à retardement entre les mains de l’Occident. Dans les mois ou années à venir, les puissances occidentales devront se résoudre à mener des frappes régulières pour contenir cette menace qu’elles ont elles-mêmes contribué à créer.

La question qui se pose alors est : qui conseille réellement l’Occident ? Face à la clairvoyance de Poutine, ils semblent avoir été largement dépassés.

Emmanuel Ndimwiza

Partager

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

×