Voix du Paysan pour former et informer les citoyens : un engagement pour la justice sociale et climatique.
L’ODH et la Zone de santé d’Idjwi avec le financement de l’UNICEF misent sur la surveillance à base communautaire et la communication sur les risques et engagement communautaire pour lutter contre la maladie à virus Ebola.
Face aux risques liés à la maladie à virus Ebola, la mobilisation s’intensifie au niveau communautaire dans la zone de santé d’Idjwi, au Sud-Kivu. L’Organisation non gouvernementale « Observatoire des Droits Humains » (ODH), en collaboration avec la Zone de santé d’Idjwi, a lancé ce jeudi 24 septembre une série de séances de renforcement des capacités destinées aux relais communautaires et aux agents de santé communautaire.
Ces séances portent notamment sur la prévention de la maladie à virus Ebola, la surveillance à base communautaire, la communication sur les risques et l’engagement communautaire, ainsi que sur la continuité des soins de santé.

L’activité cible les relais communautaires issus de 21 aires de santé de la zone de santé d’Idjwi. Elle vise à renforcer leurs capacités afin de leur permettre de mieux identifier les événements sanitaires inhabituels, transmettre rapidement les alertes et orienter les personnes présentant des signes suspects de la maladie à virus Ebola (MVE) vers les structures sanitaires.
Les relais communautaires constituent un maillon important entre les ménages et les structures de santé. Grâce à leur proximité avec les populations, ils peuvent contribuer à détecter rapidement certains signaux sanitaires et à faciliter leur transmission aux professionnels de santé.
Cette séance nous permet de mieux comprendre notre rôle dans la surveillance communautaire. Désormais, nous devons être capables d’écouter la population, d’identifier rapidement une alerte et de la transmettre aux responsables de santé sans attendre que la situation s’aggrave, explique Honorata Bitwengwe, relais communautaire dans l’aire de santé de Mugote.
Même constat pour Bernard Kinyunyi, un relais communautaire, qui estime que la proximité avec les ménages constitue un atout dans le dispositif d’alerte.
Nous sommes proches des familles et nous connaissons les réalités de notre communauté. Notre responsabilité est donc de sensibiliser, d’écouter les préoccupations et d’orienter les personnes vers les services de santé lorsque cela est nécessaire, témoigne-t-il.
Au-delà de la sensibilisation, l’approche mise également sur l’écoute des communautés et la remontée des informations provenant du terrain.
Pour la Zone de santé d’Idjwi, la formation des relais communautaires constitue un élément important du système local de surveillance.
Le relais communautaire constitue un pont entre la communauté et la structure de santé. Lorsqu’une alerte est détectée et transmise rapidement, elle permet aux équipes sanitaires de vérifier l’information et, si nécessaire, de déclencher les mécanismes appropriés de réponse, explique Aimé Nkemba, médecin chef de la Zone de santé d’Idjwi.
Le responsable sanitaire insiste également sur l’importance de lutter contre la circulation des rumeurs et des informations non vérifiées.
La communication sur les risques et l’engagement communautaire constituent ainsi des composantes essentielles de la réponse aux épidémies. Ils permettent notamment de renforcer les comportements de prévention, d’améliorer la détection des cas suspects et de prendre en compte les préoccupations exprimées par les populations.
L’ODH mise sur la participation communautaire
De son côté, l’Observatoire des Droits Humains entend placer les communautés au centre des mécanismes de prévention et de réponse aux risques sanitaires.
Notre objectif est de contribuer à faire de la communauté un acteur de la prévention et non seulement une bénéficiaire des messages de santé. Lorsque les populations sont correctement informées et qu’elles disposent de mécanismes pour faire remonter leurs préoccupations, elles peuvent participer efficacement à la protection de leur propre communauté, explique un représentant de l’ODH.

L’organisation souligne également l’importance de préserver l’accès aux autres services essentiels de santé pendant les périodes de réponse aux épidémies.
Nous devons être les yeux et les oreilles de la communauté
Pour les participants, l’enjeu est désormais de traduire les connaissances acquises en actions concrètes dans les différentes aires de santé.
Après cette formation, nous devons être davantage présents auprès des ménages. Notre rôle est d’informer sans créer de panique, d’écouter sans juger et surtout de signaler rapidement toute situation qui nécessite l’intervention des professionnels de santé, souligne Léon Katulanya, relais communautaire.
À Idjwi, l’enjeu sera donc de maintenir cette dynamique au-delà des séances de renforcement des capacités. La surveillance à base communautaire repose notamment sur la régularité de la veille, la qualité de la notification, la collaboration avec les structures sanitaires et la confiance entre les communautés et les intervenants.
L’initiative de l’ODH et de la Zone de santé d’Idjwi avec l’appui financier de l’UNICEF vise ainsi à consolider toute la chaîne de prévention : informer, écouter, détecter, notifier, orienter et assurer le suivi.
Albert CINYABUGUMA