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À Mambasa, le message des autorités est sans détour : dans une province déjà meurtrie par les violences armées, nul groupe ne peut prétendre faire la loi à la place de l’État.
À Mambasa, la guerre semble changer de visage. Les FARDC annoncent des opérations contre des éléments présentés comme des Wazalendo, accusés par l’autorité territoriale d’avoir installé des barrières, notamment sur les routes menant vers des sites miniers, et de tracasser les populations à Bango, Mayuwano et Some PK 26. Dans cet Ituri où l’insécurité a trop souvent prospéré sur les ruines de l’autorité publique, le symbole est lourd : ceux qui se présentent comme défenseurs du territoire sont désormais sommés de quitter la scène.
Le communiqué de l’administrateur du territoire de Mambasa, daté du 3 septembre, appelle les Wazalendo présents en Ituri à se retirer vers le Nord-Kivu. Derrière cette injonction se dessine une question plus profonde : qui détient réellement le monopole de la force ? Lorsqu’une milice érige des barrières, contrôle des passages ou impose sa loi aux exploitants miniers et aux habitants, la frontière entre résistance armée et prédation devient dangereusement floue.

L’Ituri n’a pourtant pas besoin d’un nouveau théâtre de confrontation. Entre les ADF, les groupes armés communautaires, les trafics et l’exploitation anarchique des ressources, la population porte déjà un fardeau trop lourd. La mine ne devrait pas devenir une caisse de financement pour les hommes en armes, pas plus que la route ne devrait être transformée en guichet clandestin. Chaque barrière illégale est une petite défaite de l’État.
L’appel lancé aux Wazalendo doit donc être accompagné d’une exigence : celle d’une sécurité républicaine, disciplinée et respectueuse des civils. Le retrait des groupes armés ne peut avoir de sens que si l’État est effectivement capable de protéger les populations, de sécuriser les sites miniers et de garantir la libre circulation. Sinon, le vide laissé par les uns risque simplement d’être rempli par d’autres.
À Mambasa, l’enjeu dépasse ainsi le sort de quelques barrières ou de quelques groupes armés. Il touche à la question fondamentale de l’autorité dans une province où les armes ont trop longtemps dicté la loi. L’Ituri ne sera pas pacifiée par la multiplication des porteurs d’armes, mais par le retour d’un État qui protège, qui sanctionne et qui rend justice. La paix commence précisément là où les fusils cessent de décider qui a le droit de passer, de travailler ou de vivre.
La Rédaction