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Djoret Biaka : la grâce ne suffit pas, il faut désarmer la machine de l’injustice au Tchad

Voix du Paysan pour former et informer les citoyens : un engagement pour la justice sociale et climatique.

Au Tchad, la libération de plusieurs responsables politiques ouvre une brèche d’espoir. Mais, pour Djoret Biaka, militant pour la justice sociale et la dignité humaine, la véritable décrispation ne saurait se limiter à quelques grâces : elle doit s’attaquer aux mécanismes qui ont rendu possibles les détentions arbitraires et les procès contestés.

Djoret Biaka salue la libération des responsables politiques graciés, y voyant un geste susceptible de rouvrir le dialogue dans un pays éprouvé par les fractures politiques. Pour lui, derrière les portes des prisons qui s’entrouvrent, il y a des familles qui respirent enfin, des proches qui retrouvent leurs repères et des militants qui refusent de renoncer à l’espérance. Mais Djoret Biaka rappelle aussitôt l’essentiel : la liberté ne doit jamais être une faveur accordée au gré du pouvoir, mais un droit garanti à tous.

Car, estime Djoret Biaka, libérer les prisonniers sans déconstruire la mécanique qui les a conduits derrière les barreaux reviendrait à repeindre une façade sur un édifice fissuré. Les hommes changent, les prisons restent ; les visages passent, les méthodes peuvent survivre. En Afrique, de Dakar à Kinshasa, l’histoire politique a souvent montré qu’une décrispation sans réforme des institutions demeure fragile. La grâce présidentielle peut ouvrir une porte ; seule une justice indépendante peut empêcher qu’elle ne se referme sur d’autres consciences.

Djoret Biaka va plus loin : un adversaire politique n’est pas nécessairement un ennemi de la Nation. Dans une République vivante, il doit pouvoir critiquer, contester, organiser et concourir au pouvoir sans craindre que la justice soit transformée en instrument de neutralisation. Rendre aux responsables libérés l’intégralité de leurs droits civiques et politiques serait donc, selon Djoret Biaka, le véritable test de la bonne foi du pouvoir. Une démocratie ne se mesure pas seulement à ceux qu’elle libère, mais aussi à sa capacité à garantir que nul ne soit emprisonné pour ses opinions.

Pour Djoret Biaka, cette nouvelle étape doit également passer par une rupture avec la patrimonialisation de l’État. Aucune entreprise publique, aucune institution et aucune ressource nationale ne devrait devenir le territoire réservé de quelques-uns. C’est pourquoi il appelle à la poursuite indépendante du contrôle engagé à la SHT, à la conservation des preuves et à la publication transparente des conclusions. La lutte contre la corruption, rappelle Djoret Biaka, ne peut être crédible si elle s’arrête aux portes du pouvoir ou si la vérité devient négociable.

La grâce libère des individus ; Djoret Biaka plaide désormais pour que la réforme libère l’État lui-même. Le Tchad n’a pas seulement besoin de prisons qui se vident, mais d’institutions qui cessent de fabriquer l’injustice. Il n’a pas seulement besoin d’un geste présidentiel, mais d’un nouvel équilibre entre pouvoir, justice et citoyens. En saluant ce premier pas, Djoret Biaka, militant pour la justice sociale et la dignité humaine, invite donc le pouvoir à aller jusqu’au bout : rendre la liberté irréversible, la justice indépendante et la République suffisamment forte pour que l’opposant d’aujourd’hui puisse être, demain, le dirigeant de tous — sans jamais devenir l’ennemi de personne.

Emmanuel Ndimwiza
Éditeur- Voix du Paysan.

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