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Kinsuka Pêcheur : Greenpeace Afrique met les plastiques au banc des accusés

Voix du Paysan pour former et informer les citoyens : un engagement pour la justice sociale et climatique.

À Kinsuka Pêcheur, les berges du fleuve Congo racontent une bataille qui dépasse le simple nettoyage : celle d’une jeunesse qui refuse de voir son environnement transformé en décharge à ciel ouvert. Avec Greenpeace Afrique, les jeunes volontaires passent de la sensibilisation à l’action.

À Kinsuka Pêcheur, le fleuve Congo n’a pas seulement retrouvé un peu de son éclat : il a livré un avertissement. Derrière chaque bouteille abandonnée sur ses berges se dessine le visage d’une consommation devenue incontrôlable. Mobilisés aux côtés du bourgmestre de Ngaliema, du chef du quartier, de River Cleanup et des équipes de Greenpeace Afrique, des bénévoles et jeunes volontaires ont choisi de répondre aux déchets par l’action. Leur geste est simple, mais son symbole est puissant : nettoyer les berges, c’est aussi rappeler que le fleuve n’est ni une poubelle ni un territoire sans défense.

Les chiffres, eux, ont de quoi faire vaciller les consciences. 4 629 bouteilles plastiques ont été collectées, triées et analysées dans le cadre d’un audit de marque, tandis que plus de 200 personnes ont été sensibilisées. Greenpeace Afrique, qui mobilise des jeunes volontaires dans la lutte contre la pollution plastique, transforme ainsi une opération de terrain en véritable acte de plaidoyer. Car derrière les bouteilles ramassées se cachent des modes de production, de distribution et de consommation qui continuent d’alimenter la crise. Avec 2 508 bouteilles attribuées à Swissta, les résultats de l’audit mettent surtout les entreprises face à une question difficile : qui assume le coût environnemental des produits mis sur le marché ?

Greenpeace Afrique a raison de pousser le débat au-delà du simple « nettoyage citoyen ». Tant que les déchets continueront d’être produits à grande échelle sans mécanismes suffisamment contraignants pour leur récupération et leur traitement, les bénévoles seront condamnés à ramasser indéfiniment ce que le système économique abandonne. La Responsabilité Élargie des Producteurs (REP) ne devrait donc plus être perçue comme une revendication militante parmi d’autres, mais comme une exigence de justice environnementale. Les jeunes volontaires mobilisés par Greenpeace Afrique ne demandent pas seulement des berges propres : ils interpellent les producteurs sur leur responsabilité dans toute la durée de vie de leurs emballages.

Kinsuka Pêcheur offre finalement une image saisissante de la bataille écologique qui se joue à Kinshasa : d’un côté, des tonnes de plastique qui menacent les eaux, les paysages et les communautés ; de l’autre, une jeunesse qui refuse la résignation. Greenpeace Afrique contribue à faire de cette énergie citoyenne une force de mobilisation et de plaidoyer. Mais une rivière ne peut pas être sauvée à coups de sacs-poubelles seulement. Il faut tarir la source. Réduire le plastique à usage unique, imposer la responsabilité aux producteurs et développer des alternatives durables : voilà le véritable nettoyage dont le fleuve Congo a besoin.

Emmanuel Ndimwiza
Éditeur- Voix du Paysan.

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