Voix du Paysan pour former et informer les citoyens : un engagement pour la justice sociale et climatique.
En Afrique, la jeunesse n’est plus seulement l’avenir que l’on promet : elle est déjà la force qui peut transformer le présent. Encore faut-il lui donner les moyens de se lever, d’agir et de décider.
La sagesse africaine ne se trompe guère lorsqu’elle compare la jeunesse au matin du village. Le matin porte la lumière, le mouvement et la promesse d’un nouveau jour. Mais un matin qui s’éternise dans le sommeil ne change rien au destin du village. En cette Journée internationale de la jeunesse, célébrée chaque 12 août, le message est limpide : l’Afrique ne peut continuer à parler de sa jeunesse sans lui ouvrir réellement les portes de l’action, de la responsabilité et de la décision.
Sur un continent confronté aux guerres, au chômage, aux inégalités, aux crises climatiques et aux déficits de gouvernance, les jeunes ne demandent pas seulement des discours. Ils réclament une éducation de qualité, des emplois décents, des espaces d’innovation et surtout une place à la table où se décident les affaires publiques. Les Nations unies soulignent d’ailleurs que les jeunes sont déjà des acteurs essentiels de l’innovation, de la paix et du développement durable.
Le véritable défi africain est donc moins de « gérer » sa jeunesse que de lui faire confiance. Former un jeune pour ensuite l’exclure des décisions, financer quelques projets sans créer d’écosystème durable ou célébrer son talent sans lui offrir de perspectives relève d’une politique du symbole. La jeunesse congolaise, comme celle de toute l’Afrique, mérite mieux que des slogans : elle mérite des institutions capables de transformer son énergie en entrepreneuriat, son indignation en engagement citoyen et sa créativité en solutions concrètes.
Car le village africain ne pourra avancer que lorsque ses jeunes cesseront d’être considérés comme une relève lointaine pour devenir des bâtisseurs du présent. Aux gouvernants revient la responsabilité d’investir, d’écouter et de transmettre ; aux jeunes, celle de refuser la résignation, de se former, de créer et de prendre leurs responsabilités. Le matin est déjà là. À l’Afrique désormais de décider si elle veut dormir encore, ou se lever avec sa jeunesse.
La Rédaction
La jeunesse, ce matin qu’il faut réveiller