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À Kabare, les femmes pygmées reprennent la parole pour sauver la terre

Voix du Paysan pour former et informer les citoyens : un engagement pour la justice sociale et climatique.

À l’heure où le changement climatique fragilise les territoires et où les fractures communautaires nourrissent la méfiance, Kabare fait le pari d’une paix construite autour des savoirs, de la dignité et de la protection de la nature.

La paix ne se décrète pas dans les bureaux : elle se construit aussi dans les villages, autour d’une terre que l’on protège et de savoirs que l’on refuse de voir disparaître. À Kabare, le lancement du projet « Savoirs partagés, terres préservées et cohésion sociale renforcée », porté par le Club Zaïda Catalan pour la paix et la sécurité, donne une autre dimension à la Journée internationale des peuples autochtones. Ici, les femmes pygmées ne sont pas présentées comme de simples victimes : elles sont reconnues comme des détentrices de savoirs et des actrices de la paix environnementale.

Dans un contexte où les dérèglements climatiques bouleversent les moyens de subsistance et où les communautés autochtones restent confrontées à la marginalisation, transmettre devient un acte de résistance. Les pratiques ancestrales de conservation de la nature, les stratégies locales d’adaptation climatique et les échanges entre femmes rappellent une évidence trop souvent oubliée : certaines réponses à la crise écologique existent déjà dans les communautés. Encore faut-il écouter celles et ceux qui les portent.

L’originalité de cette initiative réside aussi dans sa capacité à transformer la rencontre en outil de réconciliation. Ateliers d’argile et d’artisanat, fabrication de briquettes écologiques, sessions de pairs à pairs : derrière ces activités apparemment modestes se joue une ambition beaucoup plus grande. Celle de briser les préjugés, de combattre la stigmatisation des femmes pygmées et de créer des espaces où les différences cessent d’être des frontières pour devenir une richesse collective.

Kabare rappelle ainsi que la justice climatique ne peut être séparée de la justice sociale. Protéger les forêts et les terres sans protéger la dignité de celles qui en connaissent les secrets serait une contradiction. La véritable paix environnementale commence lorsque les femmes autochtones ne sont plus seulement invitées à parler, mais placées au cœur des décisions qui concernent leur territoire. À Kabare, préserver la terre, c’est aussi restaurer une dignité. Et donner aux femmes pygmées leur place dans cette bataille, c’est comprendre que l’avenir écologique de nos communautés se construira avec elles — jamais sans elles.

La Rédaction

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