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Treize morts, des commerces incendiés et des véhicules réduits en cendres : à Banana École, l’horreur rappelle que l’ADF demeure une menace persistante. Face à cette violence qui s’enracine, l’heure n’est plus aux réponses fragmentées, mais à une mobilisation collective, durable et déterminée.
La nuit du 7 au 8 août aura une nouvelle fois plongé Mambasa dans le deuil. À Banana École, sur l’axe Mambasa-Kisangani, des vies ont été fauchées, des biens détruits et la peur imposée aux populations. Si le bilan communiqué par la Société civile reste provisoire, une réalité, elle, ne souffre d’aucune contestation : les civils continuent de payer le prix fort d’une insécurité qui s’éternise. Chaque nouvelle attaque ne représente pas seulement un drame humain ; elle fragilise davantage l’économie locale, vide les villages de leurs habitants et nourrit le sentiment d’abandon.
Cette énième offensive attribuée aux ADF pose surtout la question de l’efficacité et de la coordination de la réponse sécuritaire. La coalition FARDC-UPDF, comme les autres forces engagées dans la région, doit disposer des moyens, du renseignement et de la coordination nécessaires pour empêcher les groupes armés de conserver l’initiative. Mais la réponse ne peut être uniquement militaire. Elle doit associer renseignement communautaire, protection des populations, contrôle des axes routiers, sécurisation des marchés et accompagnement des communautés affectées. Une menace transfrontalière et mobile ne peut être durablement combattue par des dispositifs isolés.
La responsabilité incombe d’abord aux États de la région. Kinshasa, Kampala et les autres gouvernements concernés doivent renforcer leur coopération, partager efficacement le renseignement et inscrire la lutte contre les ADF dans une stratégie régionale cohérente, contrôlable et respectueuse des populations civiles. Mais les citoyens ont également un rôle à jouer : vigilance, signalement des mouvements suspects, refus de toute collaboration avec les groupes armés et soutien aux mécanismes locaux d’alerte peuvent contribuer à réduire l’espace d’action des assaillants. Cette implication citoyenne doit toutefois être encadrée afin de ne pas exposer davantage les populations.
Mambasa ne demande pas une nouvelle promesse ; il réclame des résultats. Tant que des villages pourront être attaqués dans l’obscurité, que des familles seront contraintes de fuir et que des commerces seront incendiés sans réponse suffisamment dissuasive, la victoire sur l’insécurité restera hors de portée. Face à l’ADF, la région doit parler d’une seule voix et agir avec une même détermination : forces de défense, gouvernements, autorités locales, société civile et citoyens doivent former un front commun. La paix à Mambasa ne sera pas le fruit d’une opération ponctuelle, mais celui d’une volonté politique constante et d’une solidarité régionale à la hauteur de la menace.
La Rédaction
Mambasa : l’ADF frappe encore, l’urgence d’une riposte régionale