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À Mambasa, la nuit n’est plus seulement l’heure du sommeil : elle est devenue celle de la peur. À Banane-École, à une vingtaine de kilomètres de Mambasa-centre, des civils ont encore été fauchés dans la nuit du vendredi au samedi 8 août par des combattants de l’ADF, tandis que des maisons et des véhicules étaient incendiés. Derrière ces chiffres et ces flammes, il y a des vies brisées, des familles endeuillées et une population une fois de plus sommée de survivre là où elle devrait simplement pouvoir vivre.
Cette nouvelle attaque rappelle avec une brutalité glaçante que l’Ituri demeure prisonnière d’une violence qui refuse de mourir. Elle frappe les villages, brûle les biens, arrache les proches et transforme les routes en couloirs d’angoisse. Rien ne peut justifier le meurtre de civils. Rien ne peut légitimer l’incendie d’une maison ou la destruction d’un véhicule. La vie humaine n’est ni une cible militaire ni une monnaie d’échange : elle est une limite que nul groupe armé ne devrait pouvoir franchir impunément.
Les opérations conjointes des FARDC et de l’UPDF ont certes permis récemment de libérer plus d’une dizaine d’otages dans la région de Biakato. Ces résultats montrent que la pression militaire peut produire des effets. Mais libérer des otages aujourd’hui pour découvrir de nouvelles victimes demain ne saurait constituer un horizon acceptable. La réponse sécuritaire doit s’accompagner d’une protection effective des populations, d’un renseignement de proximité, d’une présence durable de l’État et d’une véritable prise en charge des survivants et des familles endeuillées.
Mambasa ne doit pas devenir un autre nom dans la longue liste des territoires où l’on compte les morts avant de compter les vivants. Face à l’ADF, la condamnation doit être sans ambiguïté et la protection des civils, non négociable. La RDC doit poursuivre sans relâche ceux qui massacrent, mais elle doit surtout rappeler, par ses actes, que chaque vie congolaise compte. À Banane-École comme ailleurs en Ituri, le premier devoir de toute autorité reste le plus élémentaire : empêcher que la nuit emporte encore des innocents.
La Rédaction