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Écogardes : les sentinelles oubliées qui tiennent encore la forêt debout

Voix du Paysan pour former et informer les citoyens : un engagement pour la justice sociale et climatique.

À Kasese, dans le territoire de Punia, les écogardes du Parc national de Kahuzi-Biega ont choisi de célébrer leur journée mondiale non par des discours, mais par le travail. Un geste simple qui rappelle que la protection de la nature repose d’abord sur des femmes et des hommes prêts à servir, souvent au péril de leur vie.

Le 31 juillet, les écogardes du secteur de Kasese ont transformé la Journée mondiale des écogardes en une démonstration silencieuse de leur engagement. Machettes en main, ils ont participé à un salongo spécial pour débroussailler la route menant à leur bureau, rappelant que la conservation est aussi faite de gestes quotidiens, modestes mais essentiels. La journée s’est ouverte par une parade empreinte de dignité et un hommage aux écogardes tombés dans l’exercice de leur mission, avant qu’une minute de silence ne vienne rappeler le prix humain de la protection des aires protégées.

Dans l’Est de la République démocratique du Congo, où les conflits armés, le braconnage et l’exploitation illégale des ressources naturelles fragilisent chaque jour davantage les écosystèmes, être écogarde est bien plus qu’un métier. C’est accepter de vivre à la frontière permanente entre le devoir et le danger. Derrière chaque forêt préservée, chaque gorille protégé et chaque arbre sauvé se cache le courage discret de ces femmes et de ces hommes qui défendent un patrimoine naturel dont dépend aussi l’avenir des générations futures.

Le message adressé aux écogardes de Kasese, insistant sur la paix, l’unité, le courage et la discipline, prend ainsi une portée particulière. Ces valeurs ne sont pas de simples slogans institutionnels ; elles constituent les fondements d’une conservation efficace dans un contexte où les pressions sur la biodiversité restent immenses. Le soutien renouvelé apporté par le Dian Fossey Gorilla Fund et les autorités locales témoigne de l’importance des partenariats pour renforcer les capacités de ceux qui se trouvent en première ligne de la défense de la nature.

Cette célébration rappelle enfin une évidence souvent négligée : protéger les forêts du Parc national de Kahuzi-Biega ne consiste pas uniquement à préserver des paysages ou des espèces emblématiques. C’est investir dans la stabilité écologique, le climat, l’eau, le développement local et la paix. Tant que les écogardes continueront de porter cette mission avec détermination, ils mériteront bien davantage qu’une journée de reconnaissance : ils auront droit à une protection renforcée, à des moyens adéquats et à la gratitude durable de toute une nation.

Emmanuel Ndimwiza
Éditeur- Voix du Paysan

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