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Sur le territoire insulaire d’Idjwi, la recrudescence de la rougeole agit comme un signal d’alarme que personne ne peut plus ignorer. Cette maladie, pourtant évitable grâce à la vaccination, continue de frapper des familles entières, révélant les failles d’une couverture vaccinale encore insuffisante. Alors que la République démocratique du Congo s’apprête à lancer, du 4 au 10 août 2026, une vaste campagne nationale de vaccination contre la rougeole, la rubéole et la poliomyélite, le Médecin Chef de Zone de la Zone de Santé Rurale d’Idjwi, Aimé Nkemba, sonne déjà la mobilisation générale. « La prévention demeure notre arme la plus efficace. Nous appelons chaque parent, chaque leader communautaire et chaque organisation à accompagner cette campagne afin qu’aucun enfant ne soit privé de son droit à la vaccination », insiste-t-il.
Cette urgence sanitaire ne relève ni de l’imprévu ni de la fatalité. La rougeole provoque régulièrement des épidémies dans les zones où la vaccination demeure insuffisante ; la rubéole continue de menacer les femmes enceintes et les nouveau-nés lorsqu’elle circule librement ; quant à la poliomyélite, elle rappelle que tant que le virus subsiste quelque part, aucun territoire n’est totalement à l’abri. La campagne nationale à venir constitue donc une réponse planifiée, attendue et indispensable. Mais son succès ne dépendra pas uniquement des équipes médicales : il reposera avant tout sur la confiance des populations et sur la capacité collective à vaincre les rumeurs, les peurs et les résistances sociales.
À Idjwi, Aimé Nkemba le rappelle avec force : « La vaccination ne protège pas seulement un enfant, elle protège toute la communauté. Chaque refus ou chaque hésitation ouvre une porte aux maladies que nous pouvons pourtant empêcher. » Son appel dépasse le cadre sanitaire. Il interpelle les autorités locales, les chefs coutumiers, les responsables religieux, les enseignants, les médias et les organisations de la société civile. Tous doivent devenir des relais de sensibilisation afin d’éliminer les barrières sociales, psychologiques et anthropologiques qui freinent encore l’adhésion aux campagnes de vaccination. Face à une maladie évitable, l’indifférence devient un risque collectif.
Les prochains jours seront décisifs. Aimé Nkemba résume l’enjeu avec gravité : « L’heure n’est plus aux hésitations ; chaque enfant vacciné est une vie protégée et un pas de plus vers l’élimination de ces maladies. » Ce combat dépasse largement les frontières de la Zone de Santé Rurale d’Idjwi. Il concerne l’ensemble du Sud-Kivu et de la République démocratique du Congo. Lorsque la science met à disposition des vaccins sûrs et efficaces, le véritable défi n’est plus médical, mais citoyen. L’histoire retiendra moins les discours que la capacité de chaque acteur à se mobiliser pour sauver des vies. À Idjwi, le temps de la distraction est révolu : celui de l’engagement collectif commence maintenant.
Emmanuel Ndimwiza
Éditorial- Voix du Paysan