Voix du Paysan pour former et informer les citoyens : un engagement pour la justice sociale et climatique.
Le Centre de Promotion Rurale (CPR) d’Idjwi a lancé une série d’échanges communautaires sur la gouvernance des ressources naturelles dans les chefferies de Rubenga et de Ntambuka, dans un contexte marqué par une dégradation croissante de l’environnement sur l’île d’Idjwi, au Sud-Kivu. Pendant trois jours, autorités locales, leaders religieux, jeunes, acteurs de développement et représentants de différentes couches sociales analysent les défis liés à la gestion de l’eau, des terres arables, des ressources halieutiques du lac Kivu et de l’exploitation du sable. Les discussions mettent en évidence une pression anthropique de plus en plus forte sur des ressources naturelles déjà fragilisées par la croissance démographique et les effets du changement climatique.
Les analyses présentées par les experts du CPR révèlent que la déforestation, l’occupation intensive des terres agricoles, l’exploitation incontrôlée des ressources et la destruction progressive des écosystèmes constituent aujourd’hui des menaces majeures pour l’avenir d’Idjwi. Cette situation se traduit par une multiplication des phénomènes environnementaux extrêmes, notamment le tarissement des sources d’eau, l’érosion des sols, la baisse de la productivité agricole, la raréfaction des ressources halieutiques, l’augmentation des températures, les inondations et les vents violents. Au-delà de leurs conséquences écologiques, ces dégradations alimentent une crise multidimensionnelle caractérisée par l’insécurité alimentaire, la pauvreté croissante des ménages ruraux, l’aggravation des vulnérabilités sanitaires et l’émergence de tensions liées à l’accès aux ressources naturelles.
Face à ces constats préoccupants, les participants appellent à une mobilisation collective et immédiate afin d’inverser la tendance. Le CPR insiste sur la nécessité d’un changement durable des comportements, d’une gouvernance responsable des ressources naturelles et d’une implication accrue des jeunes dans les initiatives de reboisement et de restauration des écosystèmes. Les échanges devraient déboucher sur l’adoption d’un plan d’action communautaire visant à renforcer la résilience environnementale et alimentaire de l’île. Dans un territoire parmi les plus densément peuplés de la région des Grands Lacs, l’urgence n’est plus seulement de protéger l’environnement, mais de préserver les bases mêmes du développement économique, de la cohésion sociale et de la sécurité alimentaire des générations présentes et futures.
La Rédaction