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Dans une opération symbolique et sécuritaire menée lundi 16 février 2026, les autorités locales de Mangina, territoire de Beni, ont procédé à la destruction publique d’une importante quantité de chanvre saisie lors de différentes opérations de contrôle. L’incinération s’est déroulée au bureau communal en présence des services de sécurité, notamment la Police nationale congolaise, des autorités politico-administratives ainsi que de représentants de la population. Le bourgmestre Nicolas Kambale Kikuku a salué cette action qu’il considère comme un signal fort envoyé aux réseaux de trafiquants opérant dans la région. Selon lui, la prolifération du chanvre dans cette zone alimente divers phénomènes d’insécurité, notamment la délinquance juvénile, les violences communautaires et certaines activités criminelles. Cette destruction publique vise ainsi à dissuader producteurs, vendeurs et consommateurs tout en réaffirmant la volonté des autorités de restaurer l’ordre public et de protéger la jeunesse contre les effets destructeurs des drogues.
Une économie clandestine qui profite aux réseaux criminels et entretient l’insécurité locale
La question demeure toutefois cruciale : à qui profite réellement cette économie de contrebande ? Derrière la culture et la vente du chanvre se cache souvent un réseau informel alimentant des groupes criminels et certains circuits économiques parallèles. Dans plusieurs zones fragilisées de l’est de République démocratique du Congo, la drogue devient une source rapide de revenus pour des jeunes sans emploi, des trafiquants opportunistes et parfois des groupes impliqués dans l’insécurité locale. La consommation croissante du chanvre, particulièrement chez les jeunes, contribue également à la déscolarisation, à la violence domestique et à la dégradation du tissu social. Les autorités affirment donc agir non seulement pour des raisons sécuritaires, mais aussi pour empêcher que cette économie illégale ne devienne un pilier de survie pour certains réseaux au détriment de la stabilité communautaire.
Quelles solutions durables pour briser l’économie de la drogue en RDC ?
Cependant, la répression seule ne peut suffire à éliminer ce commerce lucratif. De nombreux observateurs estiment qu’il faut combiner actions sécuritaires, programmes de sensibilisation, création d’emplois pour les jeunes et alternatives économiques pour les cultivateurs impliqués dans ces circuits. La collaboration entre population et services de sécurité reste également essentielle afin de dénoncer les trafiquants et réduire les points de vente clandestins. Les spécialistes recommandent aussi un investissement accru dans l’éducation, la formation professionnelle et les activités génératrices de revenus afin d’offrir aux jeunes des perspectives autres que la contrebande. Sans solutions économiques durables, préviennent-ils, les réseaux de trafic risquent de se reconstituer rapidement malgré les opérations ponctuelles de destruction comme celle menée à Mangina.
La Rédaction
Beni : incinération publique de chanvre à Mangina — les autorités frappent fort contre une économie de drogue qui alimente insécurité et désordre social