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L’Ouganda tire aujourd’hui des avantages considérables du pillage et de la contrebande de l’or provenant de la République démocratique du Congo, un commerce illicite devenu central dans son économie d’exportation avec près de 47 % des recettes minières d’exportation en 2025, reléguant loin derrière des filières agricoles historiques comme le café et le cacao, et illustrant une économie régionale de prédation qui s’alimente des ressources congolaises dans un contexte d’insécurité chronique ; facilitée par des frontières longues et difficiles à contrôler, cette exploitation frauduleuse nourrit des réseaux informels transfrontaliers, prive l’État congolais de revenus essentiels, fragilise davantage les économies locales et contribue à financer des groupes armés responsables de violences persistantes dans l’Est du pays, transformant ainsi l’or en carburant silencieux d’un chaos dont les populations congolaises paient le prix humain et économique tandis que les bénéfices sont largement externalisés vers les circuits commerciaux voisins.
Frontières minières et prolifération des groupes armés : un terrain favorable aux trafics
Les zones frontalières des provinces de Ituri et du Nord-Kivu, riches en mines artisanales d’or et autres minerais stratégiques, constituent aujourd’hui un espace hautement instable où se superposent groupes armés locaux et forces régulières ; parmi eux figurent notamment la milice CODECO, les rebelles des ADF, diverses milices communautaires, dans un environnement où opèrent également les Forces armées de la République démocratique du Congo et l’armée ougandaise, les Uganda People’s Defence Force, officiellement engagées depuis 2021 dans des opérations conjointes contre les ADF ; toutefois, la multiplicité des acteurs armés, l’économie informelle et l’absence de contrôle étatique efficace rendent ces zones particulièrement propices aux trafics transfrontaliers de minerais, dont l’or reste le produit le plus convoité et le plus facilement écoulé sur les marchés régionaux et internationaux.
Chaos sécuritaire persistant et expansion du commerce illicite de l’or
Dans ce contexte, les accusations formulées par des experts des Nations unies concernant de possibles soutiens extérieurs à certains groupes rebelles, combinées à des années de conflit, de déplacements de populations et de gouvernance fragile dans l’Est congolais, entretiennent des frontières poreuses devenues des corridors idéaux pour le trafic de minerais ; l’expansion rapide du commerce illégal de l’or repose ainsi sur une conjonction de facteurs — instabilité sécuritaire, pauvreté des communautés minières, corruption locale et manque de contrôle douanier — créant un cercle vicieux où l’exploitation illégale des ressources alimente les violences, lesquelles facilitent à leur tour la poursuite des trafics, maintenant la région dans une crise prolongée qui compromet durablement les perspectives de paix et de développement économique pour la RDC et l’ensemble de la région des Grands Lacs.
La Rédaction