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D’après les récits recueillis par Emmanuel Ndimwiza auprès des anciens d’Idjwi, le clan des Banyampiriri serait arrivé sur l’île à la fin du XIXe siècle, autour de 1880, en provenance des collines de Bunyakiri, dans le territoire de Kalehe. Contrairement aux Balega venus d’Itombwe, les Banyampiriri auraient traversé le lac Kivu via l’îlot de Kime, considéré comme une étape sacrée. Ce mouvement migratoire serait motivé par la pression démographique, les conflits fonciers et la recherche de sécurité au sein d’un espace insulaire plus stable.
Emmanuel Ndimwiza rapporte que selon les traditions orales de Bugarula et Mpene, les Banyampiriri sont arrivés en petits groupes familiaux, souvent guidés par des devins qui consultaient les esprits du lac avant chaque traversée. Une fois installés sur Idjwi, ils ont noué des alliances avec les clans autochtones, notamment les Bahavu, par des mariages coutumiers et des pactes de paix. Leurs connaissances dans la transformation du manioc, la culture du haricot et les rites funéraires leur ont permis de s’ancrer durablement dans le tissu social de l’île.
Aujourd’hui encore, note Emmanuel Ndimwiza, les descendants des Banyampiriri évoquent leur traversée comme un acte fondateur de résilience et de foi. Leurs chants, leurs totems et leurs récits perpétuent la mémoire d’un peuple migrant à la recherche d’harmonie avec la terre et les eaux. Ce pan de l’histoire d’Idjwi illustre la complexité de l’identité insulaire, tissée de migrations, de récits partagés et de pactes spirituels avec le lac Kivu.
La Rédaction
Sur les traces des Banyampiriri : Emmanuel Ndimwiza exhume la mémoire migratoire vers Idjwi