×
Logo en chargement
CHARGEMENT...

RDC : le dialogue national, ou l’ultime épreuve de vérité ?

Voix du Paysan pour former et informer les citoyens : un engagement pour la justice sociale et climatique.

Dialoguer pour réunifier, oui. Dialoguer pour légitimer l’existant, non. Dans une RDC meurtrie par la guerre, la paix ne pourra être durable que si la parole de tous est entendue, sans exclusion ni calcul politique.

Le dialogue national ne peut être une salle feutrée où l’on convoque ceux qui pensent comme le pouvoir et où l’on laisse à la porte ceux qui contestent. Exclure les groupes rebelles, aussi condamnables soient-ils, ne suffira pas à effacer leur emprise sur une partie du territoire. Une paix véritable exige de regarder la réalité en face : aucune crise nationale ne se résout durablement par l’effacement de ceux qui en sont des acteurs.

Mais une autre question, plus délicate encore, surgit : quelle place accorder aux Congolais vivant dans les territoires sous contrôle des groupes armés ? Ce sont d’abord des victimes. Leur voix ne peut être confisquée par ceux qui occupent leurs terres, ni ignorée par ceux qui gouvernent depuis les zones sécurisées. Les exclure du processus reviendrait à négocier la paix sans ceux qui en paient quotidiennement le prix.

Le problème de neutralité est tout aussi vertigineux. Si le président de la République est à la fois acteur, initiateur, organisateur et destinataire des conclusions d’un dialogue censé sortir le pays de la crise, comment convaincre l’opinion que le jeu est équitable ? La confiance ne se décrète pas. Elle se construit par des garanties, des arbitres crédibles et une transparence qui résiste aux soupçons de manipulation.

Car le dialogue ne doit surtout pas devenir le cheval de Troie d’un agenda politique. Modifier la Constitution, prolonger un mandat ou fabriquer une légitimité populaire à une décision déjà arrêtée serait détourner la parole nationale de sa vocation première. La RDC n’a pas besoin d’un dialogue de circonstance, mais d’un espace où pouvoir, opposition, société civile, confessions religieuses, communautés affectées et autres forces représentatives puissent parler à armes égales.

La RDC mérite mieux qu’un dialogue de façade. Elle mérite une conversation nationale capable de transformer les rancœurs en compromis, les fractures en passerelles et les territoires disputés en espaces de réconciliation. À Kinshasa comme dans les villages meurtris de l’Est, le message devrait être simple : on ne dialogue pas pour légitimer des décisions déjà prises ; on dialogue pour décider ensemble de ce que doit devenir le pays.

La Rédaction

Partager

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

×