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Le consortium Le Congo n’est pas à vendre (CNPAV) a dressé un tableau préoccupant de la gestion des finances publiques en République démocratique du Congo. Lors d’une conférence de presse organisée le 29 juin 2026 à Beni, ses représentants ont révélé que l’exécution budgétaire continue de favoriser largement les dépenses de fonctionnement des institutions, alors que les secteurs sociaux et les investissements de développement demeurent gravement sous-financés. Selon le rapport présenté, certaines rubriques institutionnelles ont enregistré une exécution dépassant 100 % des prévisions budgétaires, tandis que les investissements sociaux n’ont bénéficié que d’un taux d’exécution compris entre 3 % et 12 %, dans un contexte où les recettes publiques ne couvriraient qu’environ la moitié des prévisions.
Au-delà des chiffres budgétaires, le rapport met en lumière de profondes disparités salariales au sein de l’administration publique. Le CNPAV affirme que les écarts de rémunération entre certains hauts responsables et les autres agents de l’État peuvent atteindre près de 1 000 %. À titre d’exemple, le consortium cite la rémunération mensuelle du Directeur général du FONAREV, estimée à 48 000 dollars américains, soit l’équivalent de près de dix-sept années de salaire d’un professeur d’université rémunéré entre 170 et 180 dollars par mois. Pour Serge Sivya, membre du consortium, ces inégalités illustrent une politique salariale déséquilibrée qui favorise une minorité au détriment de la majorité des fonctionnaires.
Pour le CNPAV, cette orientation des dépenses publiques constitue un frein majeur au développement du pays. Le consortium estime que la priorité accordée au train de vie des institutions réduit considérablement les ressources destinées aux infrastructures, à l’éducation, à la santé et aux autres services essentiels. Face à cette situation, il appelle les autorités congolaises à engager des réformes structurelles visant à instaurer davantage d’équité salariale, à renforcer la discipline budgétaire et à réorienter les finances publiques vers des investissements productifs capables d’améliorer durablement les conditions de vie de la population.
Emmanuel Ndimwiza
Éditeur
RDC : le CNPAV dénonce un État qui privilégie les dépenses de fonctionnement au détriment du social, avec des institutions financées à plus de 100 % malgré des recettes insuffisantes