Voix du Paysan pour former et informer les citoyens : un engagement pour la justice sociale et climatique
Face à une situation de plus en plus explosive dans le Nord-Ouest de la République centrafricaine, le Mouvement de Libération du Peuple Centrafricain (MLPC) alerte sur une triple crise : insécurité alimentaire croissante, exploitation illégale des ressources, et instrumentalisation politique en période électorale. Une déclaration rendue publique ce Samedi 7 Juin 2025, par
Le spectre d’une famine plane sur la région. Selon un rapport interne du MLPC, la transhumance incontrôlée de troupeaux venus du Tchad et du Cameroun, souvent escortés par des bouviers armés, ravage les cultures vivrières locales : « Des champs de manioc et de mil sont piétinés, les boutures de manioc sont déterrées pour nourrir le bétail », déplore Martin Ziguélé.
Résultat : le prix d’une cuvette de manioc est passé de 750 à 4500 francs CFA, poussant certaines localités à importer ce produit de base depuis d’autres régions.
Autre source d’inquiétude : la recrudescence de l’exploitation artisanale de l’or, notamment sur le site de Mane Ndah. Cette mine d’or, aussi productive que celle de Ndassima, est exploitée sans contrôle par les groupes armés 3R, avec la bénédiction silencieuse d’autorités locales et étrangères : « Ces ressources échappent à l’État et alimentent la guerre », indique Martin Ziguélé.
Déficit d’eau potable et infrastructures abandonnées
En plus de l’insécurité, les populations rurales doivent faire face à une détérioration dramatique de l’accès à l’eau potable. La baisse des financements des ONG, autrefois actives dans le secteur, laisse les villages dans un dénuement complet. Routes dégradées, barrières illégales tenues par les forces de sécurité (FDS), absence de l’État : la région s’enfonce dans une marginalisation chronique.
Manipulations politiques et fausses investitures
Sur le plan politique, le MLPC dénonce des tentatives d’infiltration orchestrées par des dissidents exclus du parti, soutenus par des cercles du pouvoir. Ces derniers tentent de créer des structures parallèles du MLPC pour investir des « faux candidats » qui se réclament du président Touadéra. Le Bureau Politique, réuni en urgence le 6 juin 2025, a annoncé la tenue de son Conseil Politique National le 20 octobre prochain, suivi d’un congrès ordinaire du 22 au 24 octobre.
Le MLPC appelle les autorités et la communauté internationale à prendre la mesure de la gravité de la situation dans le Nord-Ouest. « Si rien n’est fait d’ici 2026, la famine, l’insécurité et la désintégration institutionnelle seront inévitables », conclut le rapport.
Bélisaire Dorval Sahoul