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À l’approche de la Conférence mondiale des Nations Unies sur l’eau, prévue du 8 au 10 décembre 2026 à Abou Dhabi, les États affinent leurs positions sur l’avenir de la gouvernance mondiale de l’eau. Pourtant, un paradoxe persiste : les peuples autochtones, qui protègent depuis des générations les sources, les rivières, les forêts et les zones humides, restent largement marginalisés dans les négociations internationales appelées à façonner les politiques de demain.
C’est dans ce contexte que Land is Life, Pastoralist Women Council (PWC), Forum des Femmes Autochthones du Cameroun (FFAC) et Ogiek Peoples’ Development Program (OPDP) organisent un dialogue régional des peuples autochtones d’Afrique. Cette rencontre en ligne ambitionne de faire émerger une vision africaine fondée sur les savoirs traditionnels, les droits des communautés et une gouvernance de l’eau plus inclusive, capable de répondre aux défis climatiques et sociaux du continent.
Pour l’ANASA, qui dispose d’un groupe de travail dédié aux peuples autochtones, cette initiative représente une occasion stratégique de renforcer la participation de ses membres à un débat mondial longtemps dominé par les institutions étatiques. Au-delà des échanges techniques, cette concertation vise à construire des recommandations communes afin que les voix des communautés autochtones soient entendues et prises en compte dans les décisions qui engageront l’avenir de l’eau.
L’enjeu dépasse largement la préparation d’une conférence internationale. Il s’agit de reconnaître que la protection durable de l’eau ne peut être pensée sans celles et ceux qui en sont les premiers gardiens. Donner une place centrale aux peuples autochtones dans la gouvernance mondiale de l’eau, ce n’est pas seulement réparer une injustice historique ; c’est aussi faire le choix d’une politique plus juste, plus efficace et mieux ancrée dans les réalités des territoires africains.
Emmanuel Ndimwiza
Éditeur- Voix du Paysan
Quand les gardiens ancestraux de l’eau réclament enfin leur place : le dialogue des peuples autochtones d’Afrique s’impose comme une étape décisive avant la Conférence mondiale de l’ONU sur l’eau de 2026