Voix du Paysan pour former et informer les citoyens : un engagement pour la justice sociale et climatique.
L’initiative de la société américaine KoBold Metals, soutenue par Bill Gates, visant à numériser les archives géologiques de la République Démocratique du Congo (RDC), provoque des remous en Belgique. Cette entreprise, spécialisée dans l’exploration minière assistée par intelligence artificielle, veut accéder à des données clés sur les sous-sols congolais, alors que la Belgique détient encore une part importante de ces archives, héritées de l’époque coloniale.
La RDC, riche en cobalt, cuivre et autres minerais stratégiques, est devenue un enjeu mondial pour la transition énergétique. Pour KoBold Metals, numériser et exploiter ces données permettrait de localiser plus efficacement les gisements critiques. Mais cette démarche relance un débat sensible : à qui appartiennent réellement ces données historiques ? Et la Belgique doit-elle restituer ou partager des documents collectés durant la colonisation ?
La situation met Bruxelles dans une posture délicate. Entre pression diplomatique, enjeux économiques et mémoire coloniale, la Belgique se retrouve à devoir justifier la conservation d’informations capitales sur le sol congolais. Certains responsables belges s’interrogent sur la légitimité de leur pays à garder ces archives alors que la RDC réclame un contrôle souverain sur ses ressources.
Pour Kinshasa, cette démarche s’inscrit dans une volonté de réappropriation de son patrimoine scientifique et stratégique. L’ambition de KoBold Metals pourrait bien accélérer les discussions sur la restitution des archives, tout en révélant les tensions persistantes entre mémoire coloniale et enjeux géopolitiques contemporains.
La Rédaction
Numérisation stratégique : KoBold Metals, la RDC et l’embarras géologique de la Belgique