Voix du Paysan pour former et informer les citoyens : un engagement pour la justice sociale et climatique.
Au cœur du lac Kivu, l’îlot Muhembe incarne l’un des récits les plus vénérés dans la mémoire des communautés riveraines. Emmanuel Ndimwiza explique que cet îlot est perçu comme le lieu de repos des esprits anciens, un sanctuaire où reposeraient les âmes des chefs et devins disparus. Les anciens racontent que Muhembe aurait été jadis le théâtre de cérémonies secrètes de transmission du pouvoir, loin des regards profanes, dans un silence brisé uniquement par les incantations et les battements rituels du tambour sacré.

L’auteur Emmanuel Ndimwiza souligne que pour les pêcheurs et agriculteurs d’Idjwi, Muhembe reste lié à la fertilité et à l’équilibre des saisons. Selon les traditions orales, des offrandes y étaient jadis déposées avant les grandes récoltes ou les expéditions de pêche afin de s’assurer la faveur des ancêtres. On croyait que les vents du lac, lorsqu’ils passaient par Muhembe, transportaient avec eux les bénédictions ou les avertissements des esprits, selon l’harmonie entre les humains et la nature.
Aujourd’hui encore, affirme Emmanuel Ndimwiza, Muhembe continue d’imprégner les imaginaires et d’inspirer le respect. Les aînés interdisent de troubler son silence sacré, et certains pêcheurs font demi-tour plutôt que de passer trop près de l’îlot. Ce respect multigénérationnel illustre la relation spirituelle entre les peuples du Kivu et leur lac, soulignant la nécessité de préserver ces lieux mythiques en tant que gardiens de la mémoire, de l’identité et de l’équilibre écologique.
La Rédaction