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La République démocratique du Congo franchit une nouvelle étape dans sa stratégie de valorisation de son capital naturel en accélérant la mise en place d’un marché carbone national. Réunis à Kinshasa lors d’un atelier organisé avec l’appui du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), des experts, des représentants du gouvernement ainsi que des partenaires techniques et financiers ont examiné plusieurs études stratégiques destinées à poser les bases d’un marché carbone conforme aux exigences de l’Accord de Paris. Cette démarche vise à mieux positionner le pays dans les mécanismes internationaux de financement climatique, alors que la RDC concentre l’un des plus importants puits de carbone de la planète grâce à ses forêts du bassin du Congo, ses vastes tourbières et son potentiel exceptionnel en énergies renouvelables.
Au-delà de la préservation de l’environnement, les autorités congolaises ambitionnent de faire des crédits carbone un véritable instrument de développement économique. La création d’un Registre National Carbone, l’amélioration du cadre réglementaire ainsi que la mise en place de mécanismes de gouvernance transparents devraient permettre d’attirer davantage d’investissements verts et de garantir l’intégrité environnementale des projets. Dans un contexte où les marchés carbone volontaires et réglementés gagnent en importance, la RDC cherche à convertir ses services écosystémiques en ressources financières capables de soutenir la lutte contre la pauvreté, de créer des emplois verts et de financer des projets de développement durable au bénéfice des communautés locales.
Cette ambition intervient toutefois dans un contexte marqué par une pression croissante sur les ressources forestières. Entre 2016 et 2023, les émissions nationales de gaz à effet de serre ont progressé de plus de 27 %, principalement sous l’effet de la déforestation et de la dégradation des forêts. Pour inverser cette tendance et atteindre son objectif de devenir une puissance carbone crédible à l’horizon 2035, la RDC devra renforcer la protection de ses écosystèmes, assurer une répartition équitable des revenus issus des crédits carbone et instaurer un climat de confiance auprès des investisseurs internationaux. Selon les estimations de l’Autorité de Régulation du Marché Carbone (ARMCA), le potentiel national de réduction ou de séquestration du carbone pourrait générer jusqu’à 1,8 milliard de dollars américains par an, faisant du marché carbone l’un des principaux leviers de financement de la transition écologique et de la croissance verte du pays.
Emmanuel Ndimwiza
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