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En Ituri, l’interdiction des perceptions dénoncées comme illégales devait sonner la fin des tracasseries sur le lac Albert. Mais entre espoir administratif et témoignages accablants, John Lufukaribu Toly, défenseur des droits humains, environnementaux et fonciers, réclame des comptes : à quoi sert un arrêté si les abus persistent sur les eaux qu’il entend protéger ?
Pour John Lufukaribu Toly, défenseur des droits humains, environnementaux et fonciers, l’arrêté pris en juillet 2026 par le gouverneur militaire de l’Ituri ne peut être jugé à l’aune des intentions affichées, mais à celle des réalités vécues par les pêcheurs. À Tchomia, le 7 août, des dénonciations de tracasseries, d’extorsions présumées et de récupérations forcées de matériels de pêche ont ravivé les inquiétudes, tandis que des témoignages recueillis à Mahagi faisaient état d’améliorations. Ce contraste impose une question dérangeante : l’autorité provinciale a-t-elle réellement repris le contrôle de ses services, ou l’interdiction proclamée demeure-t-elle une promesse dont les effets s’arrêtent aux portes des camps de pêche ?
Le témoignage rapporté à John Lufukaribu Toly, défenseur des droits humains, environnementaux et fonciers, donne à cette interrogation une gravité particulière : « En interdisant cette perception illégale, les autorités ont également interdit la pêche à leur tour. Les pillages des poissons appartenant aux pêcheurs par les militaires se poursuivent, et ce phénomène est devenu encore plus fréquent qu’avant la prise de cette décision. » Ces accusations, qui appellent une vérification rigoureuse et des enquêtes impartiales, dessinent un paradoxe révoltant : ce qui devait libérer les pêcheurs pourrait, selon ce témoignage, avoir déplacé ou aggravé les contraintes qu’ils subissent. Si les faits sont établis, ce ne serait plus seulement l’échec d’une mesure administrative, mais une atteinte à la dignité de communautés dont la survie dépend directement des ressources du lac.
Pour John Lufukaribu Toly, défenseur des droits humains, environnementaux et fonciers, l’État ne peut réclamer le respect de la loi tout en laissant planer le doute sur les pratiques de ceux qui sont chargés de la faire respecter. Les prélèvements imposés aux pêcheurs doivent reposer sur une base légale claire, être transparents et donner lieu à des justificatifs vérifiables ; les confiscations arbitraires, les menaces et les violences éventuelles doivent faire l’objet d’un examen sérieux. La protection du lac Albert contre les engins prohibés et les pratiques destructrices est indispensable, mais elle ne saurait devenir un alibi pour pressurer les communautés riveraines. La conservation de la biodiversité n’autorise ni l’arbitraire ni l’impunité : la loi environnementale doit protéger le patrimoine naturel sans transformer les pêcheurs en victimes collatérales de sa mise en œuvre.
C’est pourquoi John Lufukaribu Toly, défenseur des droits humains, environnementaux et fonciers, interpelle le gouverneur militaire de l’Ituri, les services compétents et les autorités judiciaires : où est le bilan documenté de cet arrêté ? Combien de plaintes ont été enregistrées, combien d’allégations examinées, quelles mesures correctives prises et quelles responsabilités établies ? Une évaluation indépendante et participative, associant les pêcheurs, les organisations de la société civile et les mécanismes de contrôle, permettrait de distinguer les avancées réelles des promesses fragiles. Car l’autorité de l’État ne se mesure ni au nombre d’uniformes déployés ni à la sévérité des interdictions, mais à sa capacité de garantir la sécurité, la justice et la dignité de ceux qu’elle gouverne. John Lufukaribu Toly, défenseur des droits humains, environnementaux et fonciers, pose ainsi la question qui dérange : sur le lac Albert, l’arrêté de juillet 2026 a-t-il mis fin aux abus, ou simplement changé leur visage ? Les pêcheurs n’attendent pas une nouvelle déclaration : ils attendent des preuves, des garanties et le droit de travailler sans peur.
Emmanuel Ndimwiza
Éditeur- Voix du Paysan
Lac Albert : John Lufukaribu Toly, défenseur des droits humains, dénonce un arrêté qui peine à changer le quotidien des pêcheurs